Maurice Mary, 76 ans, vice-président pendant trente ans de l'union des apiculteurs de France (UNAF), et un des plus gros exploitants apicoles de France, a été un des premiers, à partir de 1994, à stigmatiser les effets du "Gaucho" sur les abeilles butinant les fleurs de tournesol.
Depuis lors le "Gaucho" est de plus en plus décrié par les apiculteurs qui l'accusent, ainsi que son concurrent le "Régent", produit d'un autre groupe allemand, BASF, de décimer les colonies d'abeilles. Ces dernières années la production de certains apiculteurs a baissé de près de moitié.
L'emploi du "Gaucho" sur les cultures de tournesol est suspendu depuis 1999 par le ministère de l'Agriculture mais pas sur les autres cultures, notamment le maïs. Un appel est en cours sur ce point auprès du Conseil d'Etat.
Considéré comme un pesticide "propre" car il n'est pas répandu sur les champs mais sur les graines avant les semences, le gaucho est employé dans 140 pays, sur environ 70 cultures.
Les apiculteurs vont saisir l'occasion du procès pour dénoncer à nouveau ce pesticide. Me Bernard Fau, avocat de M. Mary et de la filière miel, va défendre pour sa part la liberté d'expression syndicale. "Il est essentiel qu'il y ait des donneurs d'alerte dans la société civile et les représentants syndicaux en font partie", a-t-il déclaré à l'AFP.
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