Belgique : la moitié de la population ingèrerait des quantités de dioxine et de PCB type dioxine supérieures à la dose journalière tolérable (DJT), selon le Comité scientifique de l’AFSCA
[ 02/10/2003 14:03 ] Dans un avis rendu le 1er octobre, sur les teneurs élevées en dioxines dans des œufs de poules d'élevages privés par le Comité scientifique de l’AFSCA il est noté que dans des conditions normales, la moitié de la population ingère des quantités de dioxine et de PCB type dioxine supérieures à la dose journalière tolérable (DJT). Ce pourcentage allant même jusqu'à 70 % parmi le groupe de population des consommateurs optant pour les œufs des élevages privés.
Fin 2002, le Comité scientifique de l’Agence fédérale belge pour la Sécurité de la Chaîne alimentaire avait été sollicité par l'Agence en vue d'émettre un avis sur les teneurs élevées en dioxines observées dans des œufs de poules d'élevages privés.
Ces teneurs étaient supérieures à celles observées dans les œufs de poules provenant d'élevages professionnels de type fermé (batteries) ou même de type ouvert (libre parcours), que ce soit en production biologique ou en production conventionnelle.
Les questions posées par l'Agence avaient deux sens : d'une part l'Agence cherchait une explication aux valeurs constatées; de l'autre elle se demandait dans quelle mesure les hautes teneurs en dioxines (et PCB) constituaient une menace pour la santé publique.
En formulant son avis, le Comité Scientifique accentua en particulier le manque de données actuellement disponibles pour apprécier la situation et pour informer correctement les consommateurs.
Les dioxines ainsi que les PCB type dioxine qui se trouvent dans le sol (y compris dans les animaux tels que les vers de terre) ont tendance à se concentrer dans les œufs par la voie de l'alimentation de la poule. Les différents types de dioxines (congénères) retrouvés dans les œufs correspondent à ceux présents généralement dans le sol, bien que les proportions relatives que présentent ces dioxines entre elles (leur profil) puisse être modifiées durant l'absorption par la poule. Plusieurs facteurs tels que l'alimentation des poules chez les personnes privées, l'incinération de bois et de déchets dans le jardin et un parcours relativement plus étendu en termes de surface disponible par poule chez les personnes privées peuvent expliquer la différence observée entre élevages privés et élevages professionnels.
Les dioxines sont liposolubles et non hydrosolubles. C'est pour cette raison que les légumes n'entraînent pas de contamination par les dioxines s'ils sont bien lavés. L'aliment par excellence avec lequel nous sommes exposés aux dioxines est le poisson gras, suivi par les produits laitiers riches en matière grasse et, en troisième lieu, par les œufs. La consommation d'œufs dont les teneurs en dioxine sont équivalentes à celles constatées par l'Agence alimentaire fait augmenter de 30 % la charge corporelle en dioxines.
On suppose que dans des conditions normales, la moitié (50 %) de la population ingère des quantités de dioxine et de PCB type dioxine supérieures à la dose journalière tolérable (DJT). Ce pourcentage va même jusqu'à 70 % parmi le groupe de population des consommateurs optant pour les œufs des élevages privés.
Le dépassement de la DJT est donc favorisé par une consommation considérable de poisson gras, de produits laitiers riches en matière grasse et d'œufs d'élevages privés. Sur base des informations limitées dont dispose le Comité scientifique, il serait souhaitable que, chaque consommateur ayant ses propres habitudes alimentaires, chaque individu veille lui-même à ne pas manger de quantités exagérément importantes de ces produits, en particulier lorsqu'il mange en un repas une quantité importante de denrées d'origine animale. En d'autres termes, une alimentation équilibrée demeure le maître-mot.