 | | [ 15/10/2003 21:10 ] Du matériel génétique, une molécule d'ARN, jouerait un rôle dans la transformation de la protéine prion normale vers sa forme anormale qui caractérise la maladie de la vache folle ou d'autres maladies
mortelles du cerveau (Creutzfeldt-Jakob classique ou son nouveau variant...), ont découvert des chercheurs américains. |
Ce travail, publié jeudi dans la revue scientifique britannnique Nature et conduit par le professeur Surachai Supattapone (Hanover, New Hampshire), ouvre de nouvelles voies de recherche pour le diagnostic et le traitement de ces maladies neurodégénératives, surnommées maladies à prion.
Parmi ces dernières, on compte la tremblante du mouton ou encore la maladie du dépérissement chronique du cerf qui se répand aux Etats-Unis.
Les prions infectieux ne possédent pas de matériel génétique (ARN ou ADN) pour se multiplier comme les virus ou les bactéries. Et l'on ignore ce qui pousse les protéines prions normales du cerveau à se convertir en la forme anormale observée dans ces encéphalopathies spongiformes transmissibles.
L'équipe du Dr Supattapone a découvert qu'une molécule d'ARN (un simple brin) pourrait jouer un rôle de catalyseur dans cette transformation pathologique.
Les chercheurs ont constaté, in vitro, que l'ajout d'enzymes coupant l'ARN en morceaux, bloquait l'accumulation du prion anormal. Mais en remettant des molécules d'ARN dans leurs préparations, cette accumulation de protéines anormales reprend, montrant que cet ARN est "réellement un stimulateur de la transformation" anormale.
De plus, ce matériel génétique augmente le signal - il l'amplifie 24 fois environ - qui permet de détecter le prion malade même lorsqu'il ne se trouve présent qu'en petites quantités dans un échantillon de cervelle.
Cette capacité d'amplification pourrait servir en pratique à augmenter la sensibilité des tests diagnostics, commentent Byron Caughey et David Kosciko (NIH, Hamilton, Montana) dans la revue. "Il est très important de pouvoir détecter de très petites quantités de prion anormal dans les produits alimentaires ou pour faire le diagnostic précoce de maladies comme l'ESB ou de Creutzfeldt-Jakob", affirment-ils.
Cette observation ne remet pas nécessairement en cause l'hypothèse couramment admise qu'une "protéine seule", un prion anormal, est l'agent infectieux propagateur de ces maladies, relèvent-ils.
D'ailleurs, la molécule d'ARN en question est présente chez l'hôte infecté et non dans la particule prion qui répand la maladie, selon les auteurs.
Cyberagri avec AFP
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