Aux Etats-Unis, où la chrysomèle du maïs est connue depuis longtemps, les pertes financières liées à cet insecte sont estimées, selon l’USDA( ), à un milliard de dollars par an. En effet, les dégâts occasionnés par ce ravageur peuvent atteindre, avec une infestation de 10 larves par pied de maïs, jusqu’à 80% de perte de la récolte. Dans les cas de très fortes infestations, les plants de maïs se couchent empêchant la récolte.
La chrysomèle est considérée comme le premier ravageur du maïs aux Etats-Unis et représente le premier poste phytosanitaire insecticide.
En Europe, la propagation et l’impact de la chrysomèle font l’objet de suivis par les organismes de surveillance officiels : IWGO et FAO ( ). Selon ces études, on estime un délai de 5 à 6 ans entre la détection de l’insecte et un impact économique sur la culture du maïs. « Diabrotica virgifera virgifera Leconte », l’espèce la plus courante de chrysomèle, a été détectée pour la première fois en Europe, en juillet 1992, à proximité de l’aéroport de Belgrade (Serbie). L’hypothèse retenue pour expliquer son introduction en Europe est le transfert par avion ; comme beaucoup d’insectes, la chrysomèle est attirée par la lumière qui règne en permanence autour des pistes d’atterrissage.
Le transfert d’une région du Monde à une autre d’une espèce vivante est un phénomène connu depuis toujours basé sur un principe d’expansion commun à toutes les espèces vivantes, homme compris. Quelques exemples célèbres : le Phylloxera, un fléau de la vigne, présent aujourd’hui dans le monde entier et introduit en France en 1860 en provenance des Etats-Unis ou encore la moule zébrée, originaire de la mer Caspienne, signalée en Amérique du Nord pour la première fois en 1988. Son extension a été tellement fulgurante qu’on estime à 5 milliards de dollars les dégâts causés en 2002. Enfin, citons la pyrale, encore appelée « European corn Borer », car introduit depuis l’Europe aux Etats-Unis dans les années 60.
Depuis 1992, la présence de la chrysomèle s’étend : l’insecte a été détecté en Italie en 1998, en Suisse en 2000, en 2002 en France et en 2003 en Grande-Bretagne, Belgique et Pays Bas.
Sa vitesse de propagation en Europe est comparable à celle observée aux Etats-Unis.
Les moyens de lutte contre la Chrysomèle du maïs Il existe différentes solutions contre la chrysomèle du maïs : des solutions agronomiques comme la rotation des cultures ou encore le semis précoce et des solutions insecticides. L'utilisation combinée de ces différentes solutions permettent de lutter contre la chrysomèle en ralentissant sa propagation mais sans l'empêcher.
Depuis les semis 2003, les agriculteurs américains disposent d’une nouvelle solution : le maïs YieldGard Corn Rootworm. Monsanto a débuté la sélection de ces premiers maïs résistants à la chrysomèle du maïs en 1997.
En janvier 2003, à l’issue du processus réglementaire le maïs YieldGard Corn Rootworm a été homologué pour la culture aux Etats-Unis. Ce maïs est génétiquement modifié pour produire une protéine de Bacillus thurigensis (Bt), une bactérie commune du sol.
Grâce à cette protéine qui a pour cible spécifique les larves de la chrysomèle, les racines du maïs sont auto-protégées contre ce ravageur.
En Europe, où la chrysomèle est considérée comme un insecte de quarantaine, la stratégie choisie est, dès sa détection, d’en tenter l’éradication. A partir du foyer de détection, un périmètre de lutte est défini combinant différents moyens ; épandages d’insecticides, rotation obligatoire des cultures, interdiction de transport des plants de maïs…
Source Monsanto
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