Les 1.100 à 1.200 exportateurs français de produits agroalimentaires (dont plus de 75% pour les vins et spiritueux) sont concernés mais, en réalité, les nouvelles règles s'appliqueront à dix fois plus d'opérateurs car tous les embouteilleurs dont les produits peuvent être vendus aux Etats-Unis devront se faire connaître des autorités américaines.
Les explorateurs français concernés devront donc remplir un formulaire sur internet très complexe et en anglais.
"La situation est grave. Cela touche la France profonde, du nord au sud, de l'ouest à l'est", a déclaré Patrick Ricard, président de la Fédération des exportateurs de vins et spiritueux de France (FEVS), lors d'une conférence de presse mercredi à Paris.
En 2002, les exportations françaises de vins et spiritueux aux Etats-Unis ont représenté un total de 1,7 milliard d'euros, soit 22% des exportations totales de ces produits et 75% des exportations agroalimentaires françaises vers les Etats-Unis, a ajouté le PDG du groupe Pernod-Ricard.
"Ce n'est pas une mesure contre la France, puisqu'elle s'applique à tous les pays et n'a rien à voir avec la position française sur la guerre en Irak", a-t-il tenu à rappeler.
Pour le président de la FEVS, "les mesures de cette loi sont une complication énorme pour les opérateurs car ils doivent s'enregistrer sur internet. Or beaucoup n'utilisent pas ce moyen decommunication et ne parlent pas anglais".
"Si une entreprise ne s'enregistre pas au 12 décembre, le marché américain sera fermé pour elle tant qu'elle n'aura pas effectué les démarches", avait expliqué, au mois de septembre, Nordine Taha, responsable de la division servicing international (conseil et partie réglementaire), à Hillebrand Beaune, filiale en Côte-d'Or du transporteur international spécialisé dans la logistique des vins et spiritueux.
Pour aider ses adhérents, la FEVS a mis en place un site internet d'information et un service SVP par e-mail, recruté un cabinet d'avocats américains et tenu des réunions régionales d'informations.
Pour les exportateurs de vins, ces tracasseries tombent au plus mauvais moment car, aux Etats-Unis, les exportations françaises ont baissé, hors grands crus de Bordeaux, de 25% au cours des quatre derniers mois, selon M. Ricard.
La part des vins français dans les importations aux Etats-Unis est tombée de 23% en avril 2003 à 15% en août 2003, selon la FEVS. Et la France pourrait passer, à la fin de l'année, de sa deuxième place traditionnelle à la quatrième derrière l'Italie, l'Australie et le Chili.
Enfin, M. Ricard a souhaité que le "Wine Accord" (accord sur le vin) entre l'Union Européenne et les Etats-Unis, qui date de 1983 et a été déjà renouvelé une dizaine de fois, soit prolongé d'ici le 31 décembre, date de son expiration.
"C'est extrêmement important pour les vins. Il faut être pragmatique et ne pas +charger la barque+", a estimé M. Ricard. Les discussions butent sur l'exigence américaine de voir leurs pratiques oenologiques définitivement reconnues et par la volonté européenne de faire disparaître les "semi-génériques" américains (Chablis, Burgundy, etc.).
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