Maladie de la vache folle (ESB), Tremblante du mouton, Maladie du dépérissement chronique (MDC) : ces sujets ont été largement débattus au cours de tables rondes visant à faire le point sur les épidémies, les programmes de lutte associés, les dernières connaissances en date, mais aussi à échanger sur les questions en suspens. Les cas atypiques observés sur des moutons en Europe et sur de jeunes bovins au Japon ont notamment fait l’objet d’échanges approfondis.
En Grande-Bretagne, le test Bio-Rad a détecté comme positifs des moutons, parmi lesquels des génotypes réputés résistants, non confirmés par les tests du laboratoire de référence, le Veterinary Laboratory Agency (VLA). Ces résultats « discordants » seraient corrélés à la haute sensibilité du test Bio-Rad. Dans un avis du 19 mai 2003, l’Agence Française de Sécurité Sanitaire des Aliments (AFSSA) a d’ailleurs recommandé l’utilisation de ce test dans le programme de surveillance de la Tremblante du mouton, considérant sa sensibilité analytique comme optimale. Pour le Dr Danny Matthews, du VLA, les tests positifs sur des moutons sensés résister à la Tremblante pourraient être le fait d’animaux « porteurs sains » de la maladie. Mais cette hypothèse demande vérification et l’observation de cas atypiques confirme qu’il reste encore beaucoup de recherche à faire sur la biologie du prion et les mécanismes de résistance chez le mouton.
En outre, le test Bio-Rad a récemment permis la détection, au Japon, de deux cas de vache folle sur des animaux exceptionnellement jeunes (moins de 24 mois). Ces observations, qui résultent du programme de dépistage le plus rigoureux au monde (tous les animaux destinés à la consommation humaine, quel que soit leur âge, sont concernés), amènent à s’interroger sur la stratégie adoptée par l’Europe.
Dans l’Union, les bovins propres à la consommation ne sont en effet testés qu’au-delà de 30 mois, sauf dans certains pays dont la France et l’Allemagne où la limite est à 24 mois, et il est aujourd’hui question de relever les limites d’âge. Selon le Dr Yokoyama, du National Institute for Animal Health (Tsukuba, Japon), la stratégie de dépistage nipponne a essentiellement été motivée, à sa mise en place, par des raisons politiques ; il s’agissait alors de préserver la consommation de viande bovine d’une désaffection massive de la population. Avec la découverte des deux cas d’ESB atypiques, ces choix montrent cependant un intérêt scientifique et sanitaire inattendu. « Pour vérifier qu’il d’agit bien d’agents infectieux apparentés à ceux de l’ESB, des prions provenant des jeunes bovins infectés ont été inoculés à des souris transgéniques ‘bovinisées’. Nous ne pourrons nous prononcer que dans plusieurs mois, lorsque ces souris auront manifesté - ou non - les signes de la maladie » a conclu l’expert japonais.
Pour la première fois, une table ronde était consacrée à la MDC, qui affecte les cervidés américains et canadiens. Elle a été l’occasion d’évoquer la proximité de cette maladie avec la Tremblante, notamment par la localisation des prions anormaux dans les tissus du cerveau, les tissus lymphoïdes et les amygdales.
Pour un tour d’horizon complet de l’actualité EST, cinq interventions scientifiques ont aussi permis d’exposer les dernières avancées de la recherche concernant la biologie de la protéine prion et la conception de nouvelles techniques de dépistage, permettant de distinguer les différents prions infectieux ou encore d’effectuer des tests à partir animaux vivants.
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