Hervé GAYMARD, Ministre de l'Agriculture, de l'Alimentation, de la Pêche et des Affaires rurales, a annoncé aujourd'hui la suspension de la commercialisation de tous les produits de traitement à base de fipronil jusqu'à l'achèvement de la procédure communautaire d'évaluation de cette substance prévue au plus tard le 31 décembre 2005.
Cette suspension porte aussi sur l'usage des stocks de produits destinés à l'enrobage ou au traitement des semences.
Par contre les agriculteurs sont autorisés à utiliser les semences traitées dont ils disposent pour les semis de printemps, a précisé Hervé Gaymard.
Cette décision intervient suite à la procédure contradictoire engagée le 9 février 2004. Elle est fondée sur l'avis de la commission d'étude de la toxicité des produits phytosanitaires.
Le ministre a également saisi la commission d'étude de la toxicité et engagé parallèlement avec le fabriquant et les utilisateurs une procédure contradictoire sur les produits contenant la molécule imidaclopride (Gaucho, confidor, polyaxe, férial), au terme de laquelle il rendra sa décision.
M. Gaymard a aussi décidé de saisir l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) et l'Agence de sécurité sanitaire pour l'environnement pour lever les incertitudes sur certains avis d'experts paraissant contredire la Comtox sur le risque pour la santé humaine.
"Pour nous, c'est une grande victoire que l'on doit aussi à l'opinion publique qui nous a soutenus. Nous menons ce combat depuis très longtemps face à deux géants de l'agrochimie -- BASF qui utilise le Fipronil, molécule à la base de l'insecticide Regent, et Bayer pour le Gaucho, accusé lui aussi de décimer les abeilles -- et nous sommes satisfaits de la décision de ce soir", a déclaré M. Sirvins président de l'UNAF (Union nationale de l'apiculture française).
Ce soir, La Coordination Rurale demande, dans un communiqué " que la vérité soit faite sur le processus qui a conduit à l’autorisation de mise sur le marché du Régent. .... afin que l’accusation de pollution ne retombe pas sur le paysan qui est l’utilisateur, et non le prescripteur, de la matière active".
Alban Moyaux - Cyberagri
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