 | | [ 26/02/2004 15:46 ] Une étude de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) réalisée en 2000 sur le Gaucho, l'un des deux insecticides accusés par les apiculteurs de décimer les abeilles, a été remise mardi dans sa version définitive au ministère de l'Agriculture, a indiqué jeudi l'Afssa. |
"On ne dit pas que le Gaucho ne tue pas. On dit qu'on a fait une étude expérimentale et que dans ce cadre, on a vu un effet transitoire sur les abeilles qui avaient accès à du sirop supplémenté à l'imidaclopride" (principe actif du Gaucho de Bayer), précise Michel Aubert, directeur du laboratoire de Sophia-Antipolis de l'Afssa, qui a dirigé cette étude, dont Le Figaro faisait état jeudi.
Les abeilles "étaient excitées, mais cela n'a pas entraîné de mortalité en tout cas pas plus que dans les autres ruches où l'on n'avait pas donné d'imidaclopride", a-t-il ajouté.
Deux groupes de huit colonies d'abeillles avaient été nourries pendant l'été 2000 avec du sirop de saccharose contenant de l'imidaclopride sur une durée de 34 jours.
Les colonies ont été suivies jusqu'à la fin de l'hiver en même temps que d'autres colonies témoins non nourries avec du sirop supplémenté à l'imidaclopride.
L'étude démontre qu'après la période d'expérimentation, l'activité est "redevenue identique" dans les deux groupes.
L'exposition répétée de ces colonies à du sirop supplémenté à l'imidclopride à des concentrations comparables à celles mesurées dans le nectar en plein champ n'a donc provoqué ni mortalité immédiate ni mortalité différée (en particulier hivernale) alors que de telles mortalités sont rapportées par de nombreux apiculteurs qui les attribuent à l'usage de ce produit, indique l'étude.
"Cette étude montre que si le Gaucho tue, on sait que c'est un produit toxique pour les abeilles, il n'a pas une action systématique dans toutes les circonstances", relève M. Aubert.
Il précise toutefois que ce qui a été observé n'est pas "tout à fait comparable avec ce qui se passe dans les zones de grandes cultures. Les abeilles ne sont pas toutes de la même race, chez nous elles avaient accès à des sources de nourriture de la forêt méditerranéenne et elles étaient en bonne santé", a-t-il dit.
L'Afssa estime que des recherches supplémentaires devraient être entreprises et avance deux hypothèse.
Soit les troubles décrits par les apiculteurs ont une autre cause que l'imidaclopride, soit ces troubles sont bien imputables à ce produit mais n'apparaissent que si d'autres conditions s'y ajoutent: colonies affaiblies par l'effet cumulé de plusieurs intoxications, absence de sources de nourriture riche et variée, utilisation de races d'abeilles n'ayant pas développé de résistance à l'imidaclopride.
Le texte complet est consultable sur le site internet de l'AFSSA.
Etude expérimentale de la toxicité de l'imidaclopride distribué dans le sirop de nourrisseurs à des colonies d'abeilles (résumé février 2004)
Alban Moyaux - Cyberagri
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