En matière de sécurité alimentaire et d'environnement, "nos concitoyens expriment des attentes auxquelles il faut répondre. Notre politique agricole doit impérativement les intégrer. L'avenir en dépend", ajoute le chef de l'Etat, à la veille de l'ouverture du 41ème salon de l'agriculture.
"Il faut garantir la sécurité alimentaire pour tous. L'accès aux produits de qualité doit être notre première priorité", affirme Jacques Chirac.
Mais, dit-il, "la sécurité a un coût. Elle ne peut s'accomoder de la baisse continue des prix agricoles. Il est indispensable de mieux rémunérer les produits agricoles pour viser l'excellence par une politique de qualité".
Jacques Chirac estime que "l'agriculture biologique doit, elle aussi, tenir une place en relation avec les attentes des consommateurs".
Plaidant pour "une agriculture écologiquement responsable", il salue "les efforts importants" accomplis par les agriculteurs pour réduire les pollutions. "Mais il faut aller plus loin", prévient-il. "Des progrès significatifs sont encore possibles", ajoute-t-il, "nous les ferons avec les agriculteurs et non contre eux". "Ils préfèrent une démarche de ce type, volontariste et participative, plutôt que l'accumulation de règlementations complexes, parfois contradictoires ou obsolètes".
Concernant la réforme de la PAC, "Notre agriculture va vivre des changements importants. C'est inévitable", déclare le Président.
Le chef de l'Etat affirme d'abord que la France va se "battre à l'OMC pour protéger le marché intérieur communautaire. C'est une priorité pour nous". Jacques Chirac préconise notamment de simplifier de nombreux volets du droit rural et "d'alléger les charges" qui pèsent sur le revenu agricole.
Il estime aussi que "l'agriculture doit contribuer positivement au débat sur l'environnement", par exemple en développant des biocarburants. "Dans le même temps, la profession doit s'engager encore plus résolument qu'elle ne le fait aujourd'hui à lutter contre toutes les formes de pollution. C'est tout à fait capital", déclare-t-il.
M. Chirac refuse le choix entre une agriculture compétitive ou orientée vers l'entretien de la nature. "Il faut poursuivre l'objectif d'une agriculture économiquement forte et écologiquement responsable", a-t-il affirmé.
Concernant la loi sur l'eau , "Est-ce qu'il faut instituer de nouvelles taxes? Sur le principe, je ne suis pas partisan de créer toujours de nouvelles taxes, surtout dans des domaines où l'effet en est souvent incertain, voire contraire si l'on institue indirectement un droit à polluer", ajoute le président. "Ce doit être l'ultime solution, s'il n'y en a pas d'autres", affirme-t-il.
Concernant les rapports des agriculteurs avec la Grande distribution , Jacques Chirac déclare "Personne n’a à gagner à laisser se développer des conflits permanents entre producteurs et distributeurs. Il faut tout faire pour que ces débats puissent se tenir dans le cadre d’interprofessions solides réunissant l’ensemble des partenaires."
Avec AFP
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