 | | [ 02/03/2004 9:39 ] Parce qu'ils ne savaient plus répondre aux questions de leurs patients, deux anciens nutritionnistes de l'hôpital Bichat ont pris leur bâton de pèlerin et passé au crible plus de 5.000 produits alimentaires, pour finalement publier un "pavé" : "Savoir manger, le guide des aliments".
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Rayon par rayon, avec l'aide de quatre diététiciennes et la coopération plus ou moins enthousiaste des industriels de l'agro-alimentaire, les Drs Patrick Sérog et Jean-Michel Cohen ont écumé les supermarchés, décortiquant toutes les informations apposées sur les emballages et récoltant ainsi plus de 30.000 données chiffrées. Les "classiques" : calories, protides, lipides, glucides. Mais aussi, des informations plus difficiles à dénicher : teneur en sucre ou en sel ajouté, pourcentage réel de produit.
Pour les consommateurs pressés, les deux médecins donnent aussi un "truc" : le calcul du rapport entre protéines et lipides.
"Si la division donne un chiffre inférieur à un, le produit est vraisemblablement trop riche en lipides pour sa valeur en protéines. Au contraire, quand ce rapport est supérieur à un, le produit présente une richesse en protéines plus intéressante", explique le Dr Cohen.
Chaque type d'aliment fait l'objet d'un chapitre d'explications et de conseils nutritionnels. Surtout, des tableaux comparatifs par aliment permettent de dresser un panorama des produits disponibles. A lire de préférence avant de partir faire ses courses, ce livre devrait aider le consommateur à mieux savoir ce qu'il veut mettre dans son assiette.
Car, sans même parler des étiquettes informatives à géométrie variable, les classements publiés mettent en évidence les dangers de la "malbouffe". Outre des Kinder bourrés de graisses, il existe de faux amis comme ces "biscuits diététiques" qui ont dans l'ensemble la même valeur en calories et en graisses que les biscuits traditionnels et n'ont de "diététiques" que le nom. Il y a aussi ces "cassolettes de crevettes et coquilles Saint-Jacques" qui ne contiennent que 13 % de chacun des deux crustacés.
Et des potages qui, selon les marques, contiennent 11,4% ou 72% de légumes, ou des pizzas, dont la valeur calorique varie de 125 à 440 pour 100 grammes.
Quant au Ketchup, honni des parents, on s'aperçoit qu'il "pèse" moins lourd en calories (112 pour 100 grammes) que l'anodine moutarde Savora (123 calories aux 100 grammes) et nettement moins que la "fin gourmet" de Maille qui, elle, "titre" exactement 429 calories pour 100 grammes).
"Le problème, explique le Dr Sérog, ce n'est pas forcément l'excès, c'est souvent l'utilisation quotidienne de produits alimentaires légèrement plus caloriques que d'autres qui se traduit en fin de mois par l'équivalent d'un ou deux repas de plus".
"Notre ambition est de faire consommer les Français avec leur tête et non plus seulement avec leur ventre", affirme-t-il.
"Dénoncer les industriels qui invitent à dévorer toujours plus lourd, gras ou sucré ne suffisait plus, il fallait aussi placer le consommateur devant ses responsabilités, lui faire comprendre qu'il devait apprendre à se nourrir, à savoir ce qu'il posait dans son caddie, à déjouer les astuces des rois du marketing alimentaire, à trier les bons produits et les moins bons", ajoute-t-il
.© AFP
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