"Cette réforme va donner une grande transparence à la jungle des appelations et permettre aux vins français de regagner des parts de marché, notamment sur les marchés étrangers", a déclaré Réné Renou, président du comité des vins et eaux de vie de l'INAO, lors d'une conférence de presse.
En France, les AOC, après avoir connu un succès grandissant pendant près de 40 ans, passant de moins de 4 millions d'hectolires au départ à 17 millions d'hectolitres lors de la campagne 1997-1998, connaissent une stagnation et même un léger recul depuis cinq ans, selon une étude de l'Onivins (Office national interprofessionnel des vins).
Cette réforme, si elle était entérinée, s'articulerait autour de trois grands principes: un choix entre Appelation d'origine controlée d'excellence (AOCE) ou AOC, la réécriture de tous les décrets d'appelations, et un dispositif rigoureux de contrôles.
La mesure la plus spectaculaire serait la création de l'AOCE qui serait réservée "aux vins de luxe, de rêve", selon M. Renou, avec un "positionnement affirmé de terroirs, de tradition et d'exigence". L'engagement d'au moins 75% des viticulteurs présents dans cette appelation sera exigé pour demander l'accès à cette catégorie.
L'appellation AOC serait alors attribuée uniquement à des "vins faciles à consommer, abordables en terme de prix" et plus séduisants pour les consommateurs anglo-saxons. La réglementation pourrait être plus souple en matière de pratiques oenologiques faisant appel à la technologie moderne, et en matière d'étiquetage, avec l'indication des cépages, une pratique courante à l'étranger.
Cette "révolution" dans un secteur très attaché à ses traditions a déjà suscité de nombreuses réserves.
Ansi le très influent président de l'Onivins, Denis Verdier, a déclaré à l'AFP qu'une "réforme des OAC n'est pas suffisante" et qu'il était plutôt en faveur d'une "solution globale" pour toute la viticulture française qu'il compte présenter lors du conseil de direction de l'Onivins le 26 mai.
Le ministre de l'Agriculture Hervé Gaymard ne devrait pas se prononcer sur ce sujet avant le "Livre Blanc" sur la filière viticole, synthèse des quatre groupes de travail réunissant parlementaires, professionnels du vin et de la santé et représentants des ministères concernés, que le député UMP de Côte d'Or Alain Suguenot doit remettre au Premier ministre Jean-Pierre Raffarin le 15 juin prochain
L'INAO met en oeuvre la politique française relative aux produits sous signe d'origine. Les propositions (reconnaissance, cahiers des charges, etc...) adressées par les quatre comités nationaux (vins et eaux-de-vie, produits laitiers, produits agroalimentaires et Indications géographiques protégées) ne peuvent être modifiées par les Pouvoirs publics mais peuvent être refusées par le gouvernement.
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