Dans le premier rapport, le professeur Charles Sultan de Montpellier considère que les manifestations pathologiques observées chez les abeilles auraient dû attirer l'attention des fabricants de l'insecticide.
L'expert, indique-t-on de même source, juge que le Fipronil exerce une activité "anti-androgynique faible, mais significative": dans les zones contaminées, le Fipronil pourrait "entraver la différenciation sexuelle du foetus masculin" et réduire l'action des hormones masculines durant la puberté.
Le second document est un rapport d'étape compilé par le professeur Gilbert Mouthon de l'Ecole vétérinaire de Maisons-Alfort. Selon la partie civile, "l'expert judiciaire se dit surpris qu'il n'ait été que peu tenu compte dans les études de toxicité de la haute dangerosité des métabolites, les dérivés dans le temps de la molécule-mère.
Le vétérinaire insiste également sur le caractère "systémique" de l'insecticide, un argument abondamment rejeté par BASF, propriétaire de l'insecticide. D'après le rapport, le Fipronil contamine toute la plante, notamment "les feuilles et les tiges", rendues ensuite toxiques aux insectes qui les attaquent. Les vaches laitières, souvent nourries des parties vertes du maïs, pourraient ainsi être elles-mêmes contaminées.
Selon le Pr Mouthon, explique-t-on de même source, "des documents montrent que des rapports scientifiques ont été modifiés en cours d'élaboration, tout se passant comme si les effets avaient voulu être minimisés".
L'avocat de Bayer CropScience France, propriétaire du Régent TS de juin 2002 à mars 2003, n'était pas joignable lundi. Mais l'avocat de BASF Agro, Me Jean-Luc Soulier, a indiqué pour sa part qu'il "réserv(ait) (s)on commentaire, en attendant d'avoir pris connaissance de l'intégralité de ces rapports".
"Pour nous, c'est vraiment une confirmation de tout ce que nous pensions", a déclaré de son côté Jean-Claude Cauquil, apiculteur haut-garonnais et président de l'association de défense des victimes de pesticides agricoles.
"Ce qui est réconfortant, c'est que divers scientifiques médicaux ont une identité de vue sur ce produit et les dégâts qu'il occasionne", a-t-il conclu.
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