Que recherchera un test de détection de l'ESB?
L'ESB serait due à une protéine prion difforme (PrPres), qui provoque la déformation d'autres protéines. Celles-ci se rassemblent et forment des feuillets. Il existe d'autres théories sur l'origine de l'ESB, ainsi que des variations sur la théorie exposée ci-dessus. La présence de la PrPres est considérée comme un marqueur de la maladie.
Les tests de détection de l'ESB permettront de déterminer la présence éventuelle dans le tissu examiné d'un niveau détectable de PrPres (soit la cause de l'ESB, soit un marqueur de cette maladie).
Combien la Commission européenne a-t-elle approuvé de tests?
Jusqu'à présent, la Commission européenne a approuvé cinq tests de détection rapide: Bio-Rad TeSeE, Prionics AG Check LIA, Prionics-Check Western, Enfer - InPro CDI-5.
À la suite d'un appel ouvert à manifestation d'intérêt en 2003, une troisième série d'évaluation de tests rapides post-mortem est en cours.
Quel est le mode opératoire pratique de ces tests?
Les cinq tests détectent l'agent infectieux, ou marqueur PrPres, dans le système nerveux central. Après l'abattage d'un animal, un échantillon d'encéphale ou de moelle épinière est prélevé grâce à un outil spécifique. Le tissu est apporté au laboratoire où il est soumis à un test de détection de PrPres. Ces tests de détection sont rapides et fiables. Par ailleurs, ils permettent de tester un grand nombre d'échantillons.
Quelles sont les autres méthodes utilisées dans le diagnostic de l'ESB?
Les autres techniques de laboratoire utilisées dans le diagnostic de l'ESB comprennent l'examen histopathologique (détection de l'encéphalopathie spongiforme), l'examen des fibrilles associées à l'ESB (équivalant aux fibrilles associées à la tremblante du mouton), l'examen par immunohistochimie ou le test du Western blot.
À quoi peuvent servir les tests?
Les tests peuvent être utilisés à des fins de surveillance, ainsi que pour mieux protéger le consommateur.
1. Surveillance Les tests peuvent être pratiqués en vue de détecter la présence de l'ESB au sein d'une population et d'obtenir une indication sur sa prévalence. Utilisés au fil du temps, ils peuvent servir à contrôler les changements éventuels dans le niveau de la maladie.
Outre l'examen obligatoire de tous les animaux présentant des signes symptomatiques d'une infection par l'agent de l'ESB, le dépistage rapide de l'ESB doit, depuis le 1 janvier 2001, être pratiqué sur:
- les animaux abattus en urgence ou présentant des signes d'une forme quelconque de maladie lors de l'inspection ante-mortem à l'abattoir. Entre janvier 2001 et juin 2001: tous les animaux âgés de plus 30 mois. À partir du 1 juillet 2001 : tous les animaux de plus de 24 mois ;
- tous les bovins de plus de 30 mois destinés à l'abattage pour la consommation humaine. Par voie de dérogation, la Suède est autorisée à ne pratiquer que des tests randomisés ;
- les animaux trouvés morts : le bétail qui est mort ou a été tué à la ferme ou lors d'un transport, mais qui n'a pas été abattu à des fins de consommation humaine. Entre janvier 2001 et juin 2001 : un échantillon aléatoire de bovins de plus 30 mois. À partir du 1 juillet 2001 : tous les bovins de plus de 24 mois;
- au Royaume-Uni, où la grande majorité des bovins de plus de 30 mois est détruite au titre du Programme d'abattage des animaux de plus de 30 mois (OTMS), le dépistage de l'ESB doit s'effectuer sur tous les animaux abattus au titre de ce programme : tous les bovins soumis à l'abattage d'urgence, tous les animaux de plus de 42 mois nés après le 1 août 1996 et soumis à l'abattage normal et un échantillon stochastique d'animaux nés avant le 1 août 1996 et soumis à l'abattage normal.
2. Protection sanitaire supplémentaire
L'ESB est une maladie relativement rare. Néanmoins, les tests pratiqués en routine sur des animaux avant l'abattage pourraient permettre de détecter parmi ceux-ci des éléments présentant des signes non remarqués jusque là d'ESB, ainsi que des bêtes ayant contracté la maladie mais n'en présentant pas encore les signes. L'identification et le retrait de ces animaux constitueront une protection supplémentaire pour les consommateurs. Cependant, le meilleur moyen de protéger le consommateur reste le retrait des matériels à risques spécifiés, tels que la cervelle ou la moelle épinière, de tous les animaux abattus. En cas d'infectiosité, ces tissus sont pratiquement les plus touchés. Le retrait des matériels à risques spécifiés est obligatoire dans l'Union européenne depuis le 1er octobre 2000.
Comment la Commission européenne a-t-elle procédé pour évaluer les tests de détection de l'ESB?
Deux séries d'évaluation ont été réalisées et une troisième est en cours.
Jusqu'à présent, la politique adoptée pour approuver des tests rapides a été la suivante :
- Un appel ouvert à manifestation d'intérêt est publié au Journal officiel. Il invite les producteurs potentiels à exprimer leur intérêt et à soumettre un dossier technique à l'appui de leur demande.
- Les soumissions sont ensuite dépouillées par un groupe d'experts indépendants, actuellement administré par l'Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA), dont la tâche est de sélectionner des tests qui participeront à un exercice d'évaluation en laboratoire.
- Les tests qui ont donné satisfaction en laboratoire sont ensuite évalués sur le terrain.
- En fonction des résultats de l'essai sur le terrain, l'AESA émet un avis sur l'efficacité des tests et recommande l'approbation du test dont l'efficacité est satisfaisante.
- S'appuyant sur l'avis de l'AESA, la Commission propose de modifier l'annexe X du règlement 999/2001 qui dresse la liste des tests rapides agréés. La proposition est soumise à l'avis du comité permanent de la chaîne alimentaire et de la santé animale.
Quels ont été les résultats des évaluations ?
Les rapports des séries d'évaluation précédentes sont disponibles sur le site internet de la Commission à l'adresse :
- Évaluation de tests diagnostiques de lencéphalopathie spongiforme transmissible chez les bovins (8 juillet 1999)
- Avis du comité scientifique directeur concernant la conception dun essai sur le terrain pour lévaluation de nouveaux tests rapides post-mortem de lESB (22 février 2002)
- Évaluation de cinq tests rapides pour le diagnostic des encéphalopathies spongiformes transmissibles chez les bovins (2ème étude du 27 mars 2002)
- Avis du comité scientifique directeur concernant l'évaluation sur le terrain de deux nouveaux tests rapides post-mortem de l'ESB (2ème étude du 3 mars 2003)
Quel rôle un test de détection peut-il jouer à un stade précoce d'infection?
Aucune méthode ne permet de détecter l'ESB à un stade précoce d'infection. L'ESB ayant une période d'incubation moyenne de 4 à 6 ans, les programmes de tests de l'Union européenne ciblent les animaux de plus de 30 mois. La PrPres n'a pas été détectée dans l'encéphale ou dans d'autres tissus nerveux de bovins à un stade très précoce de la maladie et l'infectiosité n'apparaît pas non plus. Dans le cadre d'infections expérimentales, au cours desquelles de très hautes doses ont été administrées, l'infectiosité a été détectée dans l'iléon, qui est une partie de l'intestin. Ce phénomène n'a pas été observé dans le cadre d'infections d'origine naturelle.
Pourquoi ne pas avoir recours à des tissus provenant de vaches en phase pré-clinique?
Ce type de tissu n'est pas disponible pour une utilisation en routine. Il ne peut être produit qu'en infectant de manière expérimentale des vaches qui seront abattues environ trois années plus tard, avant qu'elles ne présentent les symptômes de la maladie.
Les tests ont-ils permis de détecter des animaux en phase pré-clinique?
Les tests ont identifié des cas d'ESB à l'abattage normal sans signes évidents de maladie, mais nous ne pouvons savoir quel était l'état d'avancement de la maladie.
La plupart des cas d'ESB ont été identifiés par les tests pratiqués sur des animaux présentés pour un abattage d'urgence ou trouvés morts à la ferme. Ces animaux présentaient des signes de la maladie, mais ces signes n'avaient pas été considérés comme permettant de suspecter des cas d'ESB.
Quel est le coût de ces tests?
Les États membres lancent des appels d'offres lorsqu'ils souhaitent passer des commandes. Ce facteur influencera donc les coûts, tout comme le feront le volume de la commande, l'inclusion d'éléments tels que la formation, etc.
La Commission cofinance les programmes de surveillance jusqu'à concurrence de 8 € par test pour les tests effectués en 2004.
Cyberagri d'après la Commission
Voir dossier ESB
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