La contamination par le cadmium des matières premières destinés aux aliments pour animaux ne peut être entièrement évitée en raison de l’omniprésence du cadmium dans l'environnement. Les teneurs maximales fixées à l’heure actuelle pour les matières alimentaires par la réglementation permettent de prévenir les effets toxiques chez les animaux des fermes. L’exposition alimentaire au cadmium a des répercussions sur l’absorption des oligo-éléments, en particulier sur celle du cuivre, dont elle semble provoquer la carence chez les ruminants. En revanche, on estime que la supplémentation élevée en cuivre des aliments destinés aux porcs entraîne le risque d’une accumulation indésirable de cadmium dans le foie et les reins, alors que la supplémentation en zinc de l'alimentation réduit la biodisponibilité du cadmium. Des teneurs maximales d'oligo-éléments dans l’alimentation animale ont été fixées au sein de l'UE, notamment pour le cuivre et le zinc (règlement n°1334/2004 de la Commission). Si ces teneurs maximales autorisées ne sont pas dépassées, il est peu probable que la charge tissulaire globale du cadmium dépasse les teneurs maximales fixées pour les aliments d’origine animale dans les conditions prévalant actuellement dans les pratiques agricoles. Les ruminants et les chevaux sont néanmoins exposés leur vie durant au cadmium présent dans les pâturages. Dans certaines régions, ceci peut résulter en une accumulation indésirable de cadmium, particulièrement dans les reins. La consommation fréquente de tissus rénaux provenant d’animaux âgés (bétail et chevaux), ainsi que la consommation fréquente de foie et de reins de gibier, sont de ce fait susceptibles de contribuer de façon significative à l’exposition humaine globale.
Avis du groupe scientifique sur les contaminants de la chaîne alimentaire (CONTAM) suite à une demande de la Commission concernant le plomb en tant que substance indésirable dans l’alimentation animale.
La contamination par le plomb des matières premières destinées à l'alimentation animale ne peut être totalement évitée en raison de l’omniprésence du plomb dans l’environnement. L’exposition animale au plomb provient essentiellement de l’alimentation et augmente lorsque les aliments destinés aux animaux contiennent des quantités importantes de terre contaminée. Les bovins et les moutons semblent figurer parmi les espèces les plus sensibles à la toxicité au plomb. Des intoxications individuelles ont été rapportées, résultant de l’ingestion de matières premières issues de régions polluées ou d’ingestions accidentelles de sources de plomb, qui comprennent notamment les batteries mises au rebut et autres déchets industriels. Toutefois, les taux moyens de plomb mis en évidence dans les matières alimentaires commercialisées en Europe sont généralement trop faibles pour induire des signes cliniques de toxicité. Il est cependant recommandé de procéder à un contrôle des pâturages, en particulier ceux ayant subi un épandage, ou des terres cultivées situées aux abords d’activités industrielles ou d’incinérateurs de déchets, afin d’identifier les pâturages susceptibles de présenter un risque pour la santé animale.
Le plomb s’accumule dans une certaine mesure dans les tissus rénaux et hépatiques ainsi que dans les os, ce qui conduit à la présence de résidus mesurables. Les tissus musculaires contiennent de très faibles quantités résiduelles de plomb. Le passage dans le lait est en principe limité mais peut augmenter chez les animaux malades. Par conséquent, les aliments d’origine animale contiennent généralement des concentrations bien inférieures aux concentrations maximales légales de l’UE. Toutefois, des données SCOOP récentes fournies par les États membres de l’UE indiquent que quelques échantillons alimentaires provenant de certains États membres individuels peuvent dépasser les concentrations maximales légales fixées par le règlement CE 466/2001. L’origine de ces échantillons n’est cependant pas précisée. Dans certains cas, ils peuvent représenter des échantillons ciblés, tandis que dans d'autres États membres ils correspondent aux résultats rapportés dans le cadre de programmes de surveillance.
Cyberagri Source EFSA