Le réseau français de typage des souches de cas de tremblante identifiés dans le cadre du programme de surveillance communautaire a signalé , sur une chèvre abattue en 2002, la présence d’un agent infectieux présentant des similitudes avec l’agent de l’encéphalopathie spongiforme bovine (ESB). Un délai de deux ans a été nécessaire pour effectuer les analyses complexes comprenant des tests in vivo sur souris. Ces premières données doivent être confirmées ou infirmées par des travaux expérimentaux complémentaires.
Le dispositif communautaire de surveillance de la tremblante mis en place en 2002 a permis d’étudier plus de 130 000 cerveaux de chèvres au sein de l’Union européenne. Parmi tous les prélèvements issus d’animaux trouvés positifs en France, qui ont tous fait l’objet de recherche par le réseau typage de souches, cette chèvre constitue le premier cas présentant des similitudes avec l’ESB. Les données concernant ce cas ont été communiquées, comme le prévoit la réglementation communautaire, au laboratoire communautaire de référence de Weybridge au Royaume-Uni.
Cette chèvre était le seul animal atteint de tremblante dans le troupeau d’origine dont toutes les chèvres adultes ont été testées, et qui comportait 300 têtes. Par mesure de précaution, sa carcasse avait été détruite en 2002 et le troupeau d’origine également.
La France a pris en 2002 la décision de confier à un réseau de scientifiques français la mission de mettre au point des analyses systématiques permettant de discriminer la souche de l’ESB des souches de tremblante naturelle identifiées chez les ovins et caprins. Ainsi, les analyses de première intention ont montré que cet animal présentait un profil différent de celui communément observé en cas de tremblante. Des analyses complémentaires, nécessitant obligatoirement un délai de deux ans, ont donc été décidées et confiées à ce réseau français de typage de souches.
La Commission européenne saisira l’Autorité européenne de sécurité des aliments (AESA). Elle examinera avec les Etats membres les actions complémentaires éventuelles à entreprendre en cas de confirmation de la présence de l’ESB chez cette chèvre.
De leur côté, les autorités françaises demandent à l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments (AFSSA) une réactualisation des avis scientifiques existants à la lumière de ces premiers éléments.
Il est rappelé par le ministère de l'agriculture que "l’ESB n’a jamais été identifiée, à ce jour, dans les conditions naturelles chez les chèvres et que depuis plusieurs années des mesures de précaution sont appliquées vis-à-vis des ruminants d’élevage (bovins, chèvres et moutons) afin de garantir un haut niveau de protection de la santé publique. "
Ces mesures comprennent des interdictions d’utilisation des farines de viande et d’os dans l’alimentation des animaux, le retrait au niveau des abattoirs et la destruction de certains matériels à risque spécifiés (par exemple les cervelles, les moelles épinières, certaines parties du tube digestif, ces organes étant considérés comme des tissus potentiellement infectieux), la pratique de tests systématiques chez les bovins, la destruction des troupeaux atteints de tremblante ainsi que la mise en place d’un dispositif de surveillance des EST chez les ruminants d’élevage dans tous les Etats membres.
La tremblante est une encéphalopathie spongiforme transmissible ou E.S.T. Elle affecte dans les conditions naturelles les espèces caprine et ovine (c’est-à-dire les chèvres et les moutons). Semblable à l’E.S.B. dans son expression clinique chez l’animal, elle n’est cependant pas transmissible à l’homme. Le troupeau caprin français, le troisième en Europe, compte 1.200.000 animaux (chèvres, chevreaux et boucs) dont 940.000 chèvres laitières, selon l'Association nationale interprofessionnelle caprine (ANICAP).
Avec 514 millions de litres de chèvre produits en 2003, la France est le premier pays producteur de lait de chèvre et le premier producteur de fromage de chèvre au monde grâce à ses 10.000 éleveurs, dont 7.2000 possèdent plus de 10 chèvres.
Soixante dix entreprises de transformation et 3.500 producteurs fermiers fabriquent 85.000 tonnes de fromages de chèvre par an (70.000 tonnes en laiteries et 15.000 tonnes en production fermière).
Le chiffre d'affaires total de la filière est évalué à au moins 1 milliard d'euros (84% fromages consommés en France, 12% de fromages exportés et moins de 1% en lait de consommation UHT).
En complément on pourra consulter le dossier de l'AFSSA qui présente les éléments de synthèse et d'analyse de ce cas.
Suspicion de la présence d'une souche similaire à celle de l'ESB chez une chèvre abattue en 2002 - Eléments de synthèse et d'analyse
Epidémiosurveillance de la tremblante en France : tableau de bord au 1er octobre 2004
Avis de l'Agence sur l'analyse des risques liés aux encéphalopathies spongiformes transmissibles dans les filières petits ruminants, les forces et faiblesses du dispositif actuel et les possibilités d'évolution (18 février 2002)
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