La question posée par le député Christian Menard Il y a quelques mois à Nancy, les médecins ont dû déterminer si une personne âgée de 69 ans était atteinte de grippe aviaire. Ce n'était pas le cas, mais il n'en demeure pas moins que le virus progresse et que nous risquons d'assister à une véritable pandémie, qui pourrait faire des milliers, voire des millions de morts. Actuellement, aucune thérapeutique n'est efficace, mais un vaccin pourrait voir le jour à court terme. Quelles dispositions prend-on sur le plan médical et administratif pour juguler le risque - étant entendu qu'un plan d'urgence serait nécessairement interministériel, associant les ministères de la santé, de l'agriculture, de l'intérieur, de la recherche et de la défense nationale ?
La réponse de Marie-Anne Montchamp, secrétaire d'Etat aux personnes handicapées au nom du Ministre de la santé
Le plan gouvernemental de prévention et de lutte contre le risque de pandémie grippale d'origine aviaire a été entièrement réactualisé cette année, dans le cadre interministériel que vous évoquiez, et le ministre de la santé l'a présenté en Conseil des ministres le 13 octobre dernier.
Ce plan a pour objectifs de détecter précocement l'apparition éventuelle d'un nouveau virus grippal humain et de contenir sa diffusion, mais aussi d'organiser, en cas de pandémie déclarée, une réponse adaptée du système de santé à l'augmentation massive des besoins de prise en charge, ainsi que la continuité des activités économiques et sociales essentielles.
Ce plan est déjà en application. Le niveau d'alerte a été revu le 13 août, après la réapparition de cas humains au Vietnam.
Les mesures en vigueur relèvent de la phase dite « pré-pandémique ». Elles visent d'abord à éviter l'introduction de l'épizootie en France par l'interdiction d'importer des volailles des pays touchés ainsi que par la surveillance sanitaire des animaux d'élevage. Il s'agit aussi de contrôler le plus rapidement possible la grippe aviaire par l'abattage des élevages contaminés dans les pays touchés. Nous voulons encore éviter la transmission du virus à l'homme en protégeant les personnes au contact des élevages infectés et en informant les voyageurs se rendant dans les pays touchés. Il faut enfin détecter le plus précocement possible le premier cas humain. En France, les voyageurs sont informés qu'à leur retour, ils doivent impérativement, en cas de symptômes grippaux dans les dix jours, contacter le SAMU via le Centre 15.
Le deuxième volet correspond à une transmission interhumaine limitée. A ce stade, le déclenchement d'une pandémie deviendrait possible. L'objectif serait de retarder le plus possible la venue du virus par des mesures de restriction des voyages.
En phase de pandémie déclarée, la prise en charge des patients se fera prioritairement à domicile par les médecins traitants, les cas le plus sévères devant être adressés à l'hôpital par l'intermédiaire du Centre 15.
Les antiviraux seront prioritairement utilisés en traitement curatif très précoce des patients, de façon à limiter les complications liées à la grippe.
La constitution de stock d'antiviraux est essentielle. Pendant les premier mois de la pandémie, ils constitueront notre arme essentielle, car le vaccin ne sera disponible que quatre à six mois après le début de la pandémie.
Aujourd'hui, nous disposons déjà de près d'un million de traitements et le ministre a signé avec le laboratoire Roche un contrat pour l'acquisition de 12 millions de traitements supplémentaires, afin d'atteindre le niveau auquel ont été évalués nos besoins. Nous sommes, avec l'Australie et peut-être les Etats-Unis, un des pays les plus en avance dans ce domaine.
Le plan comporte aussi des mesures concernant la production de vaccins. Un projet de contrat avec un des principaux producteurs mondiaux est en cours d'élaboration, afin d'arrêter les conditions d'achat et de livraison de vaccins en cas de pandémie.
Ce plan n'est pas figé. En cas de pandémie, dont la sévérité ne peut aujourd'hui être précisément anticipée, il sera ajusté en fonction des données.
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