L'autorisation du coton de type Bollgard Evento 531, résistant aux insectes, a été approuvée jeudi au cours d'une réunion de la Commission Technique Nationale de Biosécurité (CTNBio), organisme devenu l'autorité suprême en matière d'organismes transgéniques avec la loi votée au début du mois.
La décision a été critiquée par l'organisation écologiste Greenpeace, qui affirme que le coton transgénique, capable de féconder des plantes distantes, représente un danger pour les espèces végétales du "cerrado", la vaste savane s'étendant au centre du Brésil.
Greenpeace a également estimé que la CTNBio avait agi de manière "illégale et irresponsable" pour avoir pris la décision avant même que le président Luiz Inacio Lula da Silva eût promulgué la loi de la Biosécurité votée par le Parlement.
La CTNBio, qui dépend du ministère de la Science et de la Technologie, souligne dans un communiqué que l'autorisation de ce coton transgénique avait été adoptée "par une ample et absolue majorité" de ses membres, "après six jours d'intenses débats".
La décision est toutefois soumise à certaines conditions telles que "l'exclusion de certaines zones" pour la culture des OGM, "l'adoption de pratiques de préservation de l'environnement" et l'obligation pour Monsanto de "présenter un plan pour prévenir d'éventuels impacts négatifs de cette technologie".
L'approbation de la loi de la Biosécurité doit conduire à une rapide extension des cultures transgéniques au Brésil.
Ce pays sud-américain est le cinquième producteur et exportateur mondial de coton, avec un chiffre d'affaires de 1,2 milliard de dollars en 2004.
Cette position devra s'améliorer avec la récente victoire remportée par Brasilia auprès de l'Organisation mondiale de commerce (OMC) contre les subventions accordées par le gouvernement américain à des producteurs de coton.
"Au Brésil, la généralisation du coton transgénique sera irréversible. Elle nous permettra de gagner plus de marché interne en dépit des subventions américaines qui nous massacrent", a déclaré à l'AFP le président de l'Association des producteurs de coton de Sao Paulo (APPA), Ronaldo Spirlandelli.
D'après lui, le coût de production du coton transgénique est de 20% à 25% moins élevé que le conventionnel car il réduit la quantité de fumigations nécessaire.
La Loi de la Biosécurité a été élaborée sous la forte pression des producteurs de soja qui depuis plusieurs années utilisent des graines achetées en contrebande à l'Argentine pour leurs cultures dans le sud du pays. Au Brésil, près de 30% des 52 millions de tonnes de soja produites annuellement sont de type génétiquement modifié. Même si 80% des Brésiliens sont opposés aux OGM.
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