[ 29/04/2005 12:47 ]
Un manifeste de femmes du monde agricole et
rural en faveur du oui au référendum sur la Constitution européenne (voir ci-après) a été publié vendredi, jour du 60e annniversaire du premier vote des femmes en France, par un collectif proche de la FNSEA. |
Manifeste des femmes du monde agricole et rural
Un OUI bâtisseur d’avenir
Dans les années cinquante, les agriculteurs et leur famille ont été en première ligne dans la construction européenne pour promouvoir un projet social et humain au service de l’ensemble de la société.
Les leaders agricoles d’alors ont eu le courage de dépasser une vision nationale et de porter leur projet pour l’agriculture, au plan européen. Ainsi est née la politique agricole commune « enjeu de cohésion économique et sociale qu’il ne fallait pas laisser aux seules lois du marché ». Ce projet fédérateur avait une finalité humaniste : permettre, à tous les Européens, l’accès à l’alimentation et le maintien d’une réelle vitalité rurale.
Le défi était redoutable. Il a été relevé, et même au-delà. La politique agricole commune a profité aux agriculteurs européens, certes, mais aussi aux autres citoyens de l’Europe, une Europe passée au fil des années de six Etats- membres, à neuf, à douze, à quinze et enfin à vingt-cinq.
Mais, arrivée à ce stade, il est évident qu’elle ne peut plus être animée et gouvernée comme à ses débuts. C’est ce qui motive le projet de traité constitutionnel que nous, Français, sommes invités à ratifier le 29 Mai.
Cette nouvelle organisation de l’Europe est d’autant plus nécessaire que, depuis sa naissance, le monde a énormément changé : les Etats-Unis sont devenus l’unique superpuissance. Mais d’autres géants émergent : la Chine, l’Inde, le Brésil. En face, chacune de nos nations européennes isolément ne pèse guère.
Il nous faut donc une Europe forte et bien gouvernée pour défendre non seulement nos intérêts économiques mais aussi nos droits sociaux, notre richesse culturelle, nos formes de solidarité qui façonnent le « vivre ensemble ».
Femmes du monde agricole et rural, nous restons attachées aux finalités de la politique agricole commune. Le projet de Traité les confirme. Ce qui ne serait pas garanti s’il n’était pas ratifié.
De plus, il consacre les valeurs communes des Européens, les droits fondamentaux des personnes et des travailleurs. La Confédération européenne des syndicats de salariés qui le soutient, ne s’y est pas trompée. Enfin, ce projet de Traité met en place une Europe plus démocratique : davantage de pouvoirs au Parlement européen, non seulement dans le domaine législatif mais aussi en matière de désignation de l’exécutif, possibilité de pétitionner.
Adopter ce Traité, c’est non seulement construire une Europe plus démocratique mais aussi la rendre visible au reste du monde. Avec un Président élu pour deux ans et demi renouvelables, qui sera sa voix et son visage, un Secrétaire d’Etat américain ne pourra plus dire de façon ironique : « l’Europe ? Quel numéro de téléphone ? ». Avec un ministre européen des Affaires Etrangères, l’Europe pourra porter plus haut la vision de son modèle économique et social.
Femmes d’un milieu réputé pour son réalisme mais aussi pour son sens civique, nous répondrons par un OUI lucide au référendum du 29 Mai, pour bâtir l’avenir.
Depuis un demi siècle l’aventure européenne constitue un épisode sans précédent dans l’histoire de l’humanité. Ses résultats font des envieux et génèrent des espérances. Les Français qui en furent les initiateurs ne peuvent se montrer frileux. Nous voterons OUI pour poursuivre l’œuvre engagée et la rendre encore plus citoyenne, plus humaine.
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