[ 21/05/2005 22:56 ] Des battues pour abattre un loup, suspecté d'avoir tué plusieurs vaches en Isère, ont débuté samedi soir, après que les
ministres et l'Agriculture et de l'Environnement aient donné leur feu vert, à la demande des éleveurs. |
Trois équipes, composées chacune de quatre lieutenants de louveterie armés, partiront de trois endroits différents et dresseront des affûts à la tombée de la nuit et au lever du jour, a détaillé Philippe Cornet, lieutenant de louveterie, lors d'un point presse organisé pour présenter le dispositif de la traque. Entre ces deux périodes, des patrouilles en véhicules seront menées.
Selon cette même source, le loup a déjà été aperçu deux fois, mais les lieutenants ne se sont jamais trouvés assez près pour pouvoir utiliser les fléchettes anesthésiantes que les ministères de tutelle avaient autorisé dans un premier temps.
"Il faut se trouver à moins d'une quinzaine de mètres, dans une zone dégagée, et le loup est un animal qui ne s'arrête que rarement, contrairement au renard", a expliqué M. Cornet.
Le maire de Saint-Geoire-en-Valdaine Albert de Franclieu s'est déclaré "très heureux que la décision ait été prise" de tuer l'animal.
"Il fallait calmer les agriculteurs sur le terrain", a pour sa part expliqué Gérard Seigle-Vatte, de la Chambre départementale de l'agriculture.
Les associations d'écologistes et de défense des animaux avaient contesté cette décision, mettant en doute l'implication du loup dans toutes les attaques survenues dans deux communes du massif montagneux de la Chartreuse.
Elles ont causé la mort de cinq génisses.
"La responsabilité du loup est attestée" dans une attaque survenue dans la nuit du 10 au 11 mai à Saint-Geoire-en-Valdaine, mais elle n'est pas confirmée pour celles qui se sont produites dans la commune de Bilieu, dans les nuits du 3 au 4 mai et du 18 au 19 mai, soulignaient vendredi dans un communiqué commun le WWF-France et une association écologiste, Ferus.
L'abattage des loups est effectué en France lorsque se produisent plusieurs attaques sur une durée relativement courte. Ce n'est pas le cas en Espagne, où vivent 2.000 à 2.500 loups, ni en Italie, qui en compte environ 500. En France, les estimations font état de 55 à 60 loups.
Le loup étant une espèce protégée par une convention internationale, les dégâts occasionnés aux éleveurs font l'objet de compensations financières. Des associations écologistes assurent que le loup, qui fait moins de dégâts que les chiens errants, est pris pour bouc émissaire par une filière qui connaît par ailleurs de graves problèmes économiques.
Le gouvernement français a adopté à l'automne dernier un "Plan loup" qui prévoit que des loups "pourront être prélevés chaque année, tout en respectant l'objectif du maintien de la population dans un état de conservation favorable". Le document, qui court jusqu'à 2008, ne donne aucun chiffre précis.
En juillet 2004, un arrêté ministériel avait déjà autorisé l'abattage de quatre loups jusqu'au 31 décembre 2004 dans les trois départements des Alpes du Sud, avant d'être étendu aux Alpes du nord et à la Drôme en septembre. Deux loups ont effectivement été abattus en octobre dans l'Isère et la Drôme.
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