[ 28/10/2005 20:52 ] La Commission européenne a mis vendredi sur la table, dans sa nouvelle offre de négociations à l'OMC, une baisse encore plus forte des droits de douane de l'UE sur les produits agricoles au lendemain d'une menace de la France d'un veto à Hong Kong en décembre. |
Avec cette offre, l'Union va "bien plus loin qu'elle n'est jamais allée avant", a déclaré devant la presse le commissaire européen au Commerce Peter Mandelson. La proposition, soumise dans l'après-midi aux partenaires de l'UE à l'OMC, n'a d'ores et déjà pourtant pas convaincu tout le monde. Les Etats-Unis ont certes salué "un pas dans la bonne direction". Mais ils se sont tout de même dits "déçus" et ont demandé "beaucoup plus" à l'UE. Bruxelles, qui mène les négociations commerciales au nom des 25 pays de l'UE, propose des baisses de 35 à 60% des tarifs douaniers européens sur les produits agricoles, soit une réduction moyenne de 46%. Sa précédente offre, qui pour Paris allait déjà trop loin dans les concessions sur l'accès au marché agricole européen, prévoyait des baisses allant seulement de 20 à 50%. M. Mandelson ne s'est visiblement pas laissé démonter par les propos du président Jacques Chirac, qui a menacé jeudi de ne pas "s'associer à l'unanimité" pour un accord sur la libéralisation du commerce mondial sans "le respect intégral de la politique agricole commune (PAC) telle qu'elle a été modifiée en 2003". "Nous conservons des doutes sur la compatibilité avec le mandat", a de son côté indiqué vendredi une source diplomatique française. Mais la nouvelle proposition "mérite une étude précise", a-t-elle ajouté. Le commissaire a reconnu que la proposition qu'il a faite ce vendredi avec sa collègue chargée de l'Agriculture Mariann Fischer Boel était "à la limite" du mandat, martelant qu'elle restait tout de même "parfaitement" dedans. Et il a refusé de se prononcer sur le risque d'un veto français lors de la réunion de décembre à Hong Kong au cours de laquelle les 148 pays membres de l'OMC tenteront de parvenir à un accord sur la libéralisation du commerce dans le cadre du cycle de Doha. "Je suis impatient de pouvoir démontrer de façon convaincante à la France que ce que nous faisons à la Commission c'est négocier dans le meilleur intérêt de l'Europe, y compris de la France", a souligné M. Mandelson, assurant qu'il n'avait "certainement pas" renoncé au soutien de Paris. Les discussions à l'OMC ont jusqu'ici essentiellement achoppé sur la question des subventions agricoles versées dans les pays riches --notamment les Etats-Unis et l'Union européenne--, dont les pays en développement réclament la suppression. Après les avancées enregistrées sur les soutiens internes et les subventions à l'exportation, la principale difficulté porte désormais sur l'accès au marché, c'est-à-dire l'ampleur du désarmement en matière de droits de douane appliqués aux produits entrants. Vendredi, les deux commissaires européens ont insisté sur le fait que leur offre restait conditionnée à des avancées parallèles des partenaires de l'UE, sur l'agriculture mais aussi les services et l'industrie. "Les principaux partenaires de l'Europe doivent comprendre que cette offre est conditionnelle à des avancées immédiates dans les négociations commerciales sur les produits industriels et sur les services", a souligné M. Mandelson. Une des inquiétudes des 25 a en effet trait aux concessions accordées dans le domaine agricole par la Commission, même si elles ne remettent pas en cause la PAC, n'apportent pas aux entreprises européennes une plus grande ouverture des marchés de biens et de services à travers le monde. Et sur les produits agricoles, l'exécutif européen a de nouveau réclamé des "clarifications d'autres pays développés sur l'élimination de diverses formes de soutiens aux exportations".
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