"Les résultats des analyses qui nous sont parvenus hier soir (jeudi) prouvent que certains morceaux des lots L. 231 et L. 234 contenaient jusqu'à 20 bactéries par gramme de viande", a précisé à l'AFP le docteur Christine Vernozy-Rozand, directrice de l'unité de micro-biologie alimentaire de l'ENVL. "Il s'agit dans tous les cas d'une intoxication accidentelle et rare", a-t-elle ajouté. Des steaks hachés surgelés, vendus dans des supermarchés E. Leclerc et contaminés par la bactérie eschérichia Coli lors de leur fabrication, ont provoqué au moins 26 cas d'intoxication grave dans le sud-ouest de la France, dont 24 enfants. "En revanche, les analyses faites sur d'autres lots, L. 220 et L. 206, sont négatives", a souligné Mme Vernozy-Rozand, également présidente du comité d'experts de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) sur l'eschérichia Coli. "Les doutes sur ces lots, qui se trouvaient dans les congélateurs des malades, ont donc été levés". "Les premiers éléments de l'enquête nous font supposer qu'il y a eu à l'abattoir une erreur de manipulation lors de l'éviscération d'un animal, entraînant la contamination d'une première série de hachage", a également expliqué le professeur, dans un entretien au quotidien régional Le Progrès paru vendredi. "Nous avons en France chaque année une centaine de cas, ce qui est comparable aux autres pays, mais comme ils sont isolés, on n'en parle pas", a-t-elle encore souligné, dans cet entretien. En 2003, selon elle, les experts de l'Afssa ont émis des avis qui n'ont pas été suivis d'effet. Les malades ont trois points communs: ils sont jeunes, ont mangé les mêmes steaks et surtout ceux-ci n'étaient pas cuits suffisamment. Or, "la cuisson à coeur des viandes hachées détruit les éléments pathogènes", a précisé à l'AFP le docteur Vernozy-Rozand. Des examens complémentaires, afin d'établir l'empreinte génétique des souches de bactéries incriminées, vont être pratiqués dans les jours qui viennent.
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