"Nous allons nous pourvoir en cassation car il faut régler cette question. Les vétérinaires ont un emploi du temps trop chargé pour intervenir à chaque fois, et de toute façon cela coûte trop cher", a déclaré Jean Jacquenet, un des prévenus, qui se dit soutenu par la Coordination rurale, un syndicat agricole. Son neveu est poursuivi pour "exercice illégal de la médecine ou de la chirurgie vétérinaire" entre 2001 et 2003, et son frère et lui-même pour "complicité". "Le droit pénal n'est pas clair sur ce qui est permis et ce qui ne l'est pas. L'enjeu est considérable, puisque les césariennes maison sont souvent pratiquées pour les bovins et surtout les ovins", selon leur avocat, Me Stéphane Broin. Les trois exploitants sont amenés à pratiquer 80 à 100 césariennes chaque année sur un cheptel de 300 têtes. La race "Blanc Bleu Belge" de leurs bovins, dont la sélection génétique conduit à une hypertrophie de la musculation des arrière-trains, rend la césarienne obligatoire lors du vêlage. "Les anesthésiants sont prescrits par les vétérinaires, et il existe même des formations pour les éleveurs afin d'apprendre à réaliser des césariennes", a souligné M. Jacquenet. Le conseil supérieur de l'ordre des vétérinaires, qui s'était constitué partie civile avec le conseil régional de cet ordre et un syndicat professionnel, avait insisté sur la dangerosité de l'administration de médicaments par des non-praticiens, car les bovins soignés entraient ensuite dans la chaîne alimentaire. La cour d'appel a fixé à 5.000 euros le montant des dommages et intérêts que devront régler solidairement les trois agriculteurs à chacune des trois parties civiles.
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