Les autorités britanniques avaient annoncé vendredi privilégier la piste hongroise pour expliquer la contamination d'Holton (est de l'Angleterre). Mais selon le Sunday Times dimanche, 20 tonnes de dindes ont été importées de Turquie trois jours après la découverte du virus dans l'élevage du groupe agro-alimentaire Bernard Matthews. Interdire les importations de Hongrie, où Bernard Matthews possède une filiale, aurait été "en contravention avec les règles de l'Union européenne sur le libre échange", a cependant estimé M. Miliband dans un entretien à la BBC1. "Si nous avions fait cela, l'UE aurait très bien pu prendre des mesures contre nous", a-t-il considéré. "Inviter à des représailles de l'Europe et d'ailleurs pour toute l'industrie de la volaille britannique n'était pas raisonnable". "Ce que nous avons fait à juste titre, c'est suivre les conseils des scientifiques et nous assurer que les règles de l'UE sont rigoureusement appliquées", a-t-il ajouté. Un porte-parole du ministère britannique de l'Environnement et des affaires rurales (Defra) a souligné que les importations étaient "parfaitement légales", car ne provenant ni de la zone d'exclusion de 10 km, ni de la zone de restriction de 30 km autour de l'élevage d'oies contaminé en Hongrie. Sur la défensive, M. Miliband a assuré n'avoir pas trompé les députés lors d'une déclaration aux Communes lundi, lors de laquelle il avait nié tout lien avec la Hongrie. "Le rapport que j'ai donné aux Communes était exactement ce que les vétérinaires m'avaient dit", a-t-il affirmé. A la question de savoir si le Defra avait reçu toute la coopération souhaitée de Bernard Matthews, le ministre s'est aussi montré peu disert. "Nous épluchons toutes les informations qu'ils nous ont fournies", a-t-il dit, soulignant qu'il y avait "d'évidence eu une faille dans la biosécurité" de l'élevage. "L'hypothèse de travail" est une contamination par des livraisons de Hongrie, avait déclaré vendredi le chef adjoint des services vétérinaires, Fred Landeg. Saga Foods, filiale de Bernard Matthews, avait en revanche persisté à Budapest à nier toute possibilité d'une "piste hongroise" dans la transmission du virus. Des foyers de la souche H5N1 du virus de la grippe aviaire, potentiellement transmissible à l'homme, sont apparus en Hongrie, puis en Grande-Bretagne, à quelques jours d'intervalle, alors que cette forme du virus n'avait pas été signalée depuis plus de six mois dans l'Union européenne.
|