Le jury du concours du Meilleur Ouvrier de France classe fromagerie a désigné, à la suite d’épreuves pratiques et théoriques, six lauréats parmi les douze candidats restant en lice pour la finale.
Ce sont donc 5 hommes et 1 femme qui ont reçu le titre prestigieux de Meilleur Ouvrier de France dans cette catégorie : - Laëtitia Gaborit, Anglet (64) « J’aime être en contact direct avec les clients et promouvoir les produits fermiers et les fromages au lait cru ». A 29 ans, Laëtitia Gaborit se présente pour la première fois au concours de MOF. Elle est titulaire de deux BTS, l’un technique et l’autre commercial, en produits laitiers. Laëtitia a travaillé dans la grande distribution et depuis 2 ans travaille dans une crémerie du Pays-Basque. Fière d’être en finale la jeune femme est bien décidée à tout faire pour devenir MOF.
- Didier Lassagne, Lyon (69) Didier Lassagne n’avait pas vocation à devenir Crémier-Fromager. C’est à 40 ans qu’il a décidé de se reconvertir et en finir avec l’industrie nucléaire. En 1998, il s’est installé à son compte à Lyon. Il participe cette année pour la première fois au concours des MOF et s’entraîne depuis plus de huit mois. « Lors des présélections, je me suis senti à l’aise dans toutes les épreuves même si la pesée à l’aveugle m’a beaucoup moins passionné. » S’il est reçu, il souhaite tirer profit de cette expérience en devenant enseignant ou formateur en la matière.
- Rodolphe Le Meunier, La Croix en Touraine (37) Rodolphe Le Meunier affine des fromages comme d'autres travaillent des vins ou inventent des variétés de roses. Il est passionné par son métier de Crémier-Fromager. Comme il aime à le rappeler « je baigne dedans depuis que je suis né » et il compte bien perpétuer la tradition et développer encore plus l’activité. En effet depuis trois générations, la famille de ce trentenaire est dans le métier. Sa grand-mère fabriquait des fromages de chèvres et son père savait les affiner. Aujourd'hui, c'est toute la famille qui met la main à la pâte : Etienne, le père, balade sur les marchés sa passion du métier, Caroline, la sœur, tient le magasin sous les Halles de Tours, Rodolphe a la haute main sur les achats, l'affinage et gère les relations avec restaurants et traiteurs. Finaliste pour la deuxième fois, à 30 ans, Rodolphe reconnait que « porter le col bleu, blanc, rouge est très valorisant et permet d’ouvrir de nombreuses portes ».
- Cyrille Lorho, Strasbourg (67) Ancien membre du jury, Cyrille Lorho n’avait pu se présenter au concours. Cette année il s’y présente et souhaite « tirer la profession vers le haut ». Depuis 1992, Cyrille est installé dans l’Est et a racheté la plus ancienne crémerie d’Alsace en 1998. Concilier le travail quotidien et la préparation au concours demande une grande motivation. « Ma femme, mes filles, mes copains m’ont aidé et motivé pour pouvoir me présenter au concours dans les meilleures conditions possibles » explique-t-il. Cyrille souhaite se donner « tous les moyens d’aller jusqu’au bout » et conclut « qu’il faut aller chercher au fond de soi toutes les ressources nécessaires pour gagner ».
- Bernard Mure-Ravaud, Grenoble (38) De nouveau finaliste, Bernard Mure-Ravaud tentera de décrocher le titre de MOF. Avant les sélections, il s’est exercé quotidiennement pendant trois mois. « Je ne pense qu’à ça. Au magasin, je prends chaque commande comme un test. Le soir, je me plonge dans les livres pour étoffer ma culture fromagère » et ajoute que « si je n’obtiens pas le titre, je recommencerais sans hésiter». Ce passionné de fromage a commencé sa carrière à 20 ans. Ses fromages, il va les chercher, l’été venu, dans les hauts alpages et en parle avec une rhétorique fleurie. Mais il aime également découvrir et faire découvrir des fromages plus confidentiels qu’il a déniché auprès de petits producteurs. - Xavier Thuret, Paris (75) Fils d’éleveur laitier, Xavier Thuret commence à travailler à la ferme dès l’âge de 14 ans dans la petite laiterie familiale, puis trois ans plus tard, il devient saisonnier dans une fromagerie. Depuis dix ans, Xavier est technico-commercial dans la vente de fromages de tradition. « Je ne suis ni fabricant, ni Crémier-Fromager. Ces derniers sont mes clients. Suite aux encouragements de ceux-ci, j’ai décidé de m’inscrire pour communiquer sur les produits et le métier mais aussi pour valoriser la profession » affirme-t-il. Il n’a qu’une seule crainte : « ne pas être à la hauteur dans l’épreuve de découpe ». Quoiqu’il en soit Xavier est très heureux d’être en finale.
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