[ 31/05/2007 19:22 ] Une équipe d'une vingtaine de chercheurs du Commissariat à l'énergie atomique (CEA) de Grenoble et de Cadarache (Bouches-du-Rhône) travaille, dans le cadre d'un programme lancé en 2000, sur un procédé visant à produire dès 2012 un litre de gazole avec deux kilos de bois.
|
"La première génération de biocarburants (production d'éthanol ou de diester) n'offre pas un rendement énergétique très convainquant car le surplus d'énergie produite est faible. Notre idée de base est, pour l'améliorer, d'exploiter la plante dans sa totalité, notamment le bois, les taillis, la paille et les déchets végétaux", explique Jacques Garnier, ingénieur responsable du projet à Grenoble. La fabrication de carburant automobile à partir de végétaux est une vieille histoire. L'Allemagne nazie et l'Afrique du sud y ont eu recours quand ces pays subissaient un blocus, mais les rendements étaient médiocres. La Finlande et l'Allemagne poursuivent depuis longtemps les recherches sur cette technologie et, cette année, les Allemands vont lancer un prototype qui doit produire 12.000 tonnes de gazole avec 70.000 tonnes de bois. L'objectif des scientifiques grenoblois est d'améliorer cette technologie classique et de parvenir à produire du gazole à un prix maximum de 70 ou 80 centimes d'euros. C'est la lignocellulose, présente dans toutes les plantes, qui intéresse les chercheurs. Le bois collecté subit d'abord un prétraitement (séchage, broyage, pyrolyse ou torréfaction). La deuxième étape est sa gazéification pendant quelques secondes à très haute température (1.500 degrés). C'est sur cette étape que les chercheurs du CEA ont beaucoup travaillé en utilisant notamment une torche à plasma, explique un autre responsable du projet, Jean-Michel Morey. Le gaz composé de monoxyde de carbone et d'hydrogène est ensuite purifié et utilisé pour la synthèse d'un carburant liquide. Ce gazole "immédiatement utilisable dans un moteur diesel actuel est bien plus propre qu'un gazole pétrolier car il ne contient pas de soufre et il n'émet pas de gaz à effet de serre supplémentaire", assure M. Garnier. Le procédé français de "biocarburant de deuxième génération par gazéification" ne produit que peu de déchets, 1% de la masse traitée, sous forme de cendre vitrifiée, un déchet stable qui ne pose pas de problème. Les chercheurs ont déposé cinq brevets pour leur procédé. Ils espèrent déboucher sur un prototype en 2012 et engager la production industrielle vers 2015. En attendant, un prototype démonstrateur de bioraffinerie utilisant la méthode allemande doit voir le jour à Bure (Moselle) en 2012. Actuellement, la France consomme chaque année 50 millions de tonnes d'équivalent pétrole (TEP) pour les transports, voitures et camions. Le pays s'est fixé pour objectif de produire 10% de ce total grâce aux biocarburants, soit cinq millions de TEP. Selon MM. Garnier et Morey, "les biocarburants de première génération ne parviendront à terme à fournir que trois millions de TEP alors que ceux de la deuxième génération pourraient fournir à terme 20 millions de TEP".
|
© 2007 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.
|