[ 01/06/2007 17:53 ] Bruxelles finance des recherches visant à déterminer si certaines farines animales, à base de porc et de poulet, peuvent être réintroduites dans l'alimentation des animaux d'élevage, une pratique bannie en 2000 dans l'UE à la suite de la maladie de la vache folle.
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"Oui, de la recherche est subventionnée dans ce domaine", a indiqué vendredi le porte-parole de la Commission en charge de la santé, Philip Tod, en confirmant une information parue dans le quotidien britannique The Times. Il a néanmoins précisé que "l'interdiction de cannibalisme" (des porcs nourris avec des restes de porcs par exemple) ne serait pas modifiée. "Il n'est pas question non plus de mettre fin à l'interdiction de nourrir des animaux avec des restes de ruminants" (bovins, ovins), a-t-il stipulé. Selon The Times, l'Union européenne dépense 1,7 million d'euros dans des études qui pourraient permettre d'introduire des restes de porc et de poulet dans les aliments pour animaux. Le porte-parole a rappelé une position de la Commission formulée en 2005: "si certaines conditions sont remplies à l'avenir -ce qui n'est pas le cas actuellement-, on pourra envisager l'alimentation croisée, par exemple à base de porc pour les poulets ou à base de poulet pour les porcs". La condition sine qua non est de développer des tests permettant de détecter la présence de protéines animales spécifiques dans des farines animales, même si elles ont été chauffées à 133 degrés, a-t-il stipulé. "A ce stade, des tests d'une telle fiabilité n'existent pas", a toutefois ajouté M. Tod. Les recherches sont chapeautées par un laboratoire belge, en coordination avec d'autres laboratoires européens. L'UE avait interdit en décembre 2000 l'utilisation des farines carnées dans l'alimentation des animaux d'élevage dans toute l'Union européenne, après des semaines d'atermoiements sur les meilleurs moyens de lutter contre la crise de la vache folle. La fabrication de farines animales permettait d'apporter des protéines aux animaux, mais aussi de trouver un débouché économique pour des abats et déchets qu'il faut éliminer. L'encéphalopathie spongiforme bovine (ESB), plus connue sous le nom de maladie de la "vache folle", s'est vraisemblablement propagée parmi les bovins par le biais de leur alimentation comportant des farines de carcasses et d'abats d'animaux (bovins ou ovins) atteints d'encéphalopathie spongiforme. L'interdiction de ces farines avait considérablement ralenti la courbe de l'épidémie bovine, jugée responsable d'une variante humaine, la maladie neurodégénérative mortelle de Creutzfeldt-Jakob. Le porte-parole de la Commission a souligné vendredi que la priorité de l'UE est de "maintenir la sécurité de l'alimentation et de la santé publique". "Nous ne ferons pas de compromis la-dessus, nous avons évidemment appris les leçons de l'ESB".
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