"Je m'opposerai à la banalisation des vins européens", a déclaré M. Barnier à son arrivée à une réunion des ministres de l'Agriculture des 27 à Bruxelles consacrée à cette réforme. "La remise en cause des droits de plantation conduirait à faire perdre aux vins européens leurs identités et leurs racines", a-t-il estimé. Dans sa réforme présentée début juillet, la Commission européenne propose d'autoriser les viticulteurs à planter librement des vignes à partir de 2014, pour répondre aux signaux du marché. Les organisations professionnelles des viticulteurs s'y opposent, en particulier celles qui regroupent des producteurs de vins de qualité, bénéficiant d'une indication géographique protégée. Actuellement, les droits de plantation sont strictement limités, pour éviter des surproductions. Au-delà de la question du vin, Michel Barnier s'est démarqué des orientations défendues par la Commission pour rendre l'agriculture européenne plus commerciale. "La force de l'Agriculture européenne réside dans ses produits de qualité, qui ont des goûts et des couleurs", a-t-il déclaré. "Je me battrai de toutes mes forces" contre "une agriculture et une alimentation aseptisées" et contre "une image américaine de l'agriculture", a insisté le ministre. L'actuelle commissaire européenne à l'Agriculture, la Danoise Mariann Fischer Boel, veut une agriculture plus compétitive et tournée vers le marché. L'ensemble des secteurs de la Politique agricole commune (PAC) européenne ont commencés d'être réformés dans cette optique depuis 2003. Le secteur vinicole est le dernier à l'être. Bruxelles espère mettre en oeuvre la réforme du vin à partir des vendanges de 2008/09.
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