L’appellation d’Origine, protégée par l’Union Européenne est une garantie d’origine et de typicité des produits. Véritable modèle d’agriculture durable, les AOP/AOC sont ancrées dans les territoires et contribuent à leur vitalité économique.
En France, les AOP/AOC laitières (44 fromages, 2 beurres, 1 crème) sont plébiscitées par le consommateur : la production française de fromages AOC a par exemple progressé de 12% en 10 années. La contribution des AOC/AOP à l’économie rurale repose sur la capacité des producteurs à maintenir un certain niveau de valorisation de leur produit.
Dans un contexte de réflexions de la Commission sur la Politique Agricole Commune et notamment sur la politique des quotas, la question vitale pour les AOP/AOC laitières est de trouver de nouveaux instruments de régulation des marchés. Anticiper la production, l’organiser et la réguler de façon collective sont les conditions pour faire perdurer la qualité et la spécificité des produits AOC/AOP mais aussi un gage du maintien d’activités économiques dans des régions difficiles. C’est pour ces raisons et pour défendre l’avenir des AOC/AOP que 300 représentants du CNAOL (Conseil National des Appellations d’Origine Laitières) et l’AFIDOP (association des appellations fromagères italiennes) ont présenté vendredi 19 octobre lors de l’Assemblée Générale du CNAOL et en présence de Monsieur Michel Barnier, Ministre de l’Agriculture et de la Pêche, une motion demandant aux autorités européennes l’adaptation des règles européennes de la concurrence de façon à permettre la gestion collective des volumes.
Le Ministre s’est déclaré être « le ministre non de l’Agriculture mais des Agricultures ». Pour lui, la régulation des marchés est un thème central dans le cadre de la révision de la Politique Agricole Commune.
Pour Monsieur Barnier, il convient donc d’imaginer des outils alternatifs de régulation et d’éviter tout déménagement de territoire. Il faut donc trouver les moyens de pérenniser les relations entre les producteurs de lait et les laiteries à une échelle géographique pertinente.
Dans ce cadre il est nécessaire de trouver des solutions adaptées pour les démarches de qualité et notamment la gestion collective des volumes. Ce dernier point se heurte au droit de la concurrence européenne. Le Ministre s’engage donc à travailler sur cette question : les Assises de l’Agriculture à l’échelle française et la Présidence de la France de l’Union Européenne (juillet 2008) sont des opportunités pour faire progresser ce point de vue.
Et le Ministre de conclure : « je tiens à garder le goût et les couleurs des régions françaises ».
|