[ 23/10/2007 18:51 ] Le champignon de Paris, déjà sous la menace de la concurrence chinoise, souffre en plus cette année de la chute de la récolte de blé, ce champignon produit dans toute l'Europe s'épanouissant sur un substrat composé de paille de blé et de fumier de cheval.
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"Les producteurs de champignons de couche français mais aussi européens ont cette année des difficultés à s'approvisionner en paille de blé, un élément indispensable" à la culture du champignon de Paris, a déclaré à l'AFP Didier Dupin, directeur des structures professionnelles françaises et européennes du champignon de couche. Une mauvaise récolte de blé cette année en Europe en raison des conditions climatiques, a provoqué une envolée des cours de la céréale. "Cette situation a pour conséquence une augmentation des coûts de revient", explique M. Dupin. "Le prix de la paille a plus que doublé ces derniers mois passant de 40-50 euros la tonne entre 2003 et 2006, à 80-100 euros actuellement. Pour ses cultures de champignons de couche, la France consomme 150.000 tonnes de paille chaque année (produite sur 500.000 hectares), soit 10 à 12% de la paille européenne", poursuit le spécialiste. Cette année des champignonnistes français ont été contraints d'importer de la paille d'Espagne tandis que Belges et Hollandais achetaient ce produit dans le nord de la France. De la famille des agarics des champs, le champignon de Paris cultivé dans des caves, pousse sur un substrat composé pour moitié de paille et pour moitié de fumier de cheval. "Ceci explique que les trois quarts de la production française soient concentrés dans le Val de Loire, en Anjou aux alentours de l'Ecole de Saumur ou aux environs du champ de course de Chantilly dans le bassin parisien", explique M. Dupin. L'Europe récolte chaque année 1,2 million de tonnes de champignons de Paris, et les Pays-Bas avec leurs 240.000 tonnes, dont 130.000 transformés, ont ravi à la France la place de premier producteur européen. Aujourd'hui la France, où le consommateur avale 3 kilos de champignons par an, ne produit plus annuellement que 140.000 tonnes (les trois quarts sont transformés, et 25% sont consommés frais) contre 260.000 tonnes il y a une dizaine d'années. Le coût de la main d'oeuvre, 40% du prix de revient de la culture, est en grande partie responsable de cette chute de la production en France, pays confronté à la concurrence intracommunautaire, la Pologne ayant en dix ans plus que doublé sa production (220.000 T contre 90.000 T), soulignent les professionnels. Mais la Chine (70% du marché mondial du champignon de Paris) s'affirme comme le concurrent le plus redoutable pour l'Europe. "Ce pays inonde le monde de conserves de champignons, de produits semi-transformés et de surgelés, et pourrait anéantir rapidement la production européenne si les contingents tarifaires européens ne sont pas maintenus", insiste M. Dupin, déterminé à "se battre pour conserver cette réglementation". Avec sa dizaine de millions de producteurs la Chine a déjà éliminé l'Indonésie du marché mondial. Elle a aussi sérieusement écorné la production américaine, tombée de 500.000 tonnes à 300.000 en 5 ans. Aujourd'hui la France ne compte plus qu'une soixantaine de producteurs contre 120 il y a 20 ans et 15 champignonnistes ont mis la clé sous la porte en 2005. La situation en Grande-Bretagne n'est guère plus brillante avec une chute de la production tombée de 130.000 T il y a dix ans à 45.000 T actuellement.
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