[ 13/03/2008 11:41 ] Pour la première fois chez l’homme, des chercheurs de l’INRA ont identifié l’une des bactéries du tube digestif qui dégradent le cholestérol en coprostanol, métabolite non absorbable éliminé dans les fèces. Baptisée Bacteroides dorei Strain D8, une telle bactérie pourrait à terme être utilisée pour diminuer le taux de cholestérol trop élevé chez les personnes à risques.
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En France, le deuxième Programme national nutrition santé (2006-2010) a pour objectif de réduire de 5 % la cholestérolémie moyenne dans la population adulte, dans le cadre d’une prévention globale des risques de maladies cardio-vasculaires et de cancer. Aux États-Unis, plus du tiers de la population présenterait déjà ces risques en raison d’un taux élevé de cholestérol.
Des chercheurs du laboratoire INRA d'Ecologie et Physiologie du Système Digestif, à Jouy-en-Josas, s’intéressent à la relation entre l’alimentation et la flore intestinale humaine ou « microbiote intestinal », ainsi qu’à leur impact conjoint sur le maintien d’une bonne santé. On sait, depuis les années 1930, que ce microbiote est capable de réduire le cholestérol en coprostanol. Il a par ailleurs été montré que cette activité est inégalement répartie parmi la population humaine (selon les personnes le cholestérol est totalement, partiellement ou pas du tout transformé par les bactéries intestinales) et qu’un taux élevé de coprostanol dans les fèces est associé à un taux plus faible de cholestérol sanguin. Cependant, si quelques bactéries du genre Eubacterium possédant cette activité ont été identifiées chez le rat, le cochon ou le babouin, aucun laboratoire n’a pu jusque là isoler les bactéries responsables de ces transformations chez l’homme. L’enjeu consiste à isoler ces bactéries parmi les 100 milliards présentes dans un gramme de matière contenue dans le côlon, là où la densité bactérienne du système digestif est précisément la plus importante.
Référence :
Bacteroides sp. Strain D8, the First Cholesterol-Reducing Bacterium Isolated from Human Feces APPLIED AND ENVIRONMENTAL MICROBIOLOGY, Sept. 2007, Vol. 73, No. 18, p. 5742–5749 Philippe Gerard1, Pascale Lepercq1,Marion Leclerc1, Françoise Gavini2, Pierre Raibaud1 et Catherine Juste1 1Unité d’Ecologie et Physiologie du Système Digestif, INRA, Domaine de Vilvert, 78352 Jouy-en-Josas cedex, France 2 Laboratoire de Génie des Procédés et Technologies Alimentaires, INRA, 369 Rue Jules Guesde, F-59651 Villeneuve d’Ascq, France
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