Les éleveurs demandaient une réorientation suffisante des soutiens de la PAC vers l’élevage à l’herbe très fragilisé par l’augmentation des charges (aliment, énergie…), une réouverture rapide du marché italien et des compensations d’urgence. "Cette forte mobilisation, dans des conditions météorologiques difficiles, prouve la grande détermination des éleveurs et l’ampleur de leurs attentes." soulignent les organisateurs.
Pour mieux comprendre nous vous proposons une état des lieuxd de l'agriculture du Massif Central.
L’agriculture, une activité pivot de l’économie du Massif Central
Une montagne habitée Le Massif Central s’étend sur 22 départements et 6 Régions soit 15 % du territoire national. Il est situé pour une large part en zone de montagne avec cette particularité que les activités économiques et sociales se déroulent en montagne et non dans les vallées. Il représente 42% de la montagne française.
Des apports économiques, sociétaux et environnementaux irremplaçables Avec 80 000 exploitations, 110 000 actifs et un chiffre d’affaires (hors aides) de 5 milliards d’€, l’agriculture joue un rôle déterminant dans l’économie du Massif Central. Chiffres auxquels il convient d’ajouter l’activité de l’agroalimentaire soit 40 000 emplois et 10 milliards d’€ de chiffre d’affaires. Si l’on comptabilise l’ensemble des emplois induits, l’agriculture engendre un emploi sur 6 (200 000 emplois). Il faut également souligner la présence de nombreux produits sous signes de qualité que ce soit en AOC, label, produits montagne ou agriculture biologique.
Un autre atout de l’agriculture du Massif Central se mesure en terme d’apports sociétaux et environnementaux. En effet, du fait de la présence d’agriculteurs nombreux dans des zones rurales souvent fragiles, les paysages restent ouverts et les territoires demeurent vivants. On constate également que la qualité des eaux est bonne avec très peu de pollution par les nitrates ou les produits phytosanitaires. De même, la forte proportion de prairie dans la SAU a une action positive sur les émissions de gaz à effet de serre, la prairie stocke autant le carbone que la forêt. Il faut également souligner le maintien d’une biodiversité remarquable.
Une agriculture avec des spécificités
Une terre d’élevage à base d’herbe Avec 3,3 millions d’hectares consacrés aux surfaces fourragères (80% de la SAU), dont une large partie aux prairies naturelles (58 % de la SAU) et 3,3 millions d’UGB, c’est à l’évidence l’élevage extensif à base d’herbe qui caractérise l’agriculture du Massif. Le Massif Central regroupe 12 % des vaches laitières françaises, 34 % des vaches nourrices et 36 % des brebis. Le Massif Central occupe une place importante dans l’agriculture de montagne avec 70 % de la production agricole française de montagne.
Une politique d’installation dynamique Le Massif Central se distingue par une politique d’installation particulièrement active. On dénombre chaque année plus de 1.000 DJA dans le Massif et ce nombre est en constante augmentation depuis 2000. Cela se traduit par une population agricole relativement jeune (28 % des agriculteurs ont moins de 40 ans, contre 24 % en moyenne nationale) et bien formée.
De faibles revenus Ce qui caractérise également les exploitations agricoles du Massif c’est leur faible capacité à dégager du revenu. On constate que le revenu par actif est inférieur de 25 à 30 % à la moyenne nationale. En moyenne, le revenu d’un agriculteur du Massif ne dépasse pas 15.000 €/an avec lesquels il doit investir pour moderniser son exploitation et faire vivre sa famille.
Un soutien public inadéquat Le soutien public direct aux agriculteurs du Massif Central se caractérise par la faiblesse des aides du premier pilier, une proportion plus importante d’aides recouplées et une très forte orientation vers le développement rural. Tandis que le Massif Central représente 16 % du soutien total, il ne pèse plus que 12 % du 1er pilier. De même, 43 % des aides du 1er pilier sont recouplées dans le Massif Central contre 28 % au niveau national. L’importance des aides du 2nd pilier est cependant loin de compenser la faiblesse du premier. La dépendance à l’égard du développement rural, 5 000 €/actif contre 2 000 en moyenne nationale, s’accompagne de conditions de mise en oeuvre beaucoup plus contraignantes, notamment dans le domaine agro-environnemental pour la prime à l’herbe. Ainsi, le soutien ramené à l’actif non salarié est inférieur dans le Massif Central à la moyenne française, de l’ordre de 17.500 € par actif tous soutiens confondus contre 19.500 € en moyenne nationale, et ce malgré la présence importante des ICHN. L’agriculture du Massif Central reste très largement pénalisée par la répartition des soutiens avec une forte incidence sur les revenus des agriculteurs qui sont aujourd’hui très dépendants des aides.
En conclusion Alors que l’agriculture et l’agroalimentaire tiennent un rôle pivot dans l’économie du Massif Central, alors que cette agriculture fournit des « biens publics » en matière sociétale et environnementale qui ne sont pas rémunérés par le marché, ses systèmes de production d’élevage à l’herbe connaissent un véritable déséquilibre dans la répartition des soutiens publics.
(1): Allier, Haute Vienne : blocage de la Préfecture, Cantal, Loire et Haute Loire : barrages routiers, Corrèze, Creuse et Puy de dôme : défilé dans les rues, Aveyron, Lozère, Lot et Tarn : barrage sur le viaduc de Millau, Cher et Indre : action devant le Tribunal
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