"Que Nathalie Kosciusko-Morizet ait franchi la ligne jaune, c'est évident", estime Chantal Didier dans L'Est républicain. "Reste que le débat sur les OGM a révélé les tensions existant au sein du groupe UMP de l'Assemblée." Des "tensions" qui selon François Ernenwein, dans La Croix, ont conduit à un "cafouillage", qui aurait pu "être évité si le gouvernement lui-même avait eu, sur la question des OGM, un propos bien formaté." "Ce que cet incident exprime", écrit Jacques Guyon en écho dans La Charente Libre, "c'est à la fois - et une nouvelle fois - un cafouillage à la tête de l'Etat mais aussi l'impression que sur l'environnement et particulièrement les OGM le gouvernement et l'UMP naviguent à vue." Pour Michel Lepinay, dans Paris-Normandie, c'est bien de "cacophonie gouvernementale" qu'il s'agit, ministres et élus ayant "de plus en plus de mal à supporter la pression qui s'exerce sur eux à propos des OGM". Et Patrick Fluckiger, dans l'Alsace, d'ironiser: "OGM, à l'assemblée, ne signifie pas seulement organisme génétiquement modifié, mais surtout Oh, Grand Malaise." L'acronyme OGM inspire aussi Jacques Camus dans La République du Centre, qui estime que dans cette affaire, Mme Kosciusko-Morizet s'est "seulement méprise sur le sens du sigle OGM qui ne peut en aucun cas signifier: Outrage Gouvernemental Médiatisé." Pour Didier Pourquery de Libération, les excuses de "NKM", imposées par François Fillon ont "quelque chose d'humiliant" car, note-t-il, "il faut du courage pour affronter le lobby agricole productiviste. Elle en a montré, seule à l'Assemblée." Dans les colonnes de La Presse de la Manche, Jean Levallois trouve aussi que "cette loi difficile (...) a vu Nathalie Kosciusko-Morizet s'impliquer fortement". Mais ce que retiennent finalement les éditorialistes, de cette affaire, c'est qu'avec le vote de la loi OGM, c'est "encore un bout du Grenelle de l'environnement qui tombe dans la sciure", comme l'écrit Daniel Ruiz dans La Montagne. Francis Lachat, dans Le Courrier picard, est sur la même longueur d'ondes: "Il est clair que les grandes intentions nées du Grenelle de l'Environnement ont été quelque peu oubliées."
Avec AFP
|