[ 24/04/2008 11:14 ] Au Parlement européen, dans l'hémicycle, en séance plénière, "la hausse vertigineuse des prix alimentaires et la crise mondiale qui en a résulté ont focalisé l’attention des députés européens". |
"Abordant les différentes facettes du problème, tous ont souligné l’urgence d’une réponse mondiale", comme on peut le lire sur le site du Parlement.
"Changement climatique, offre trop faible, hausse de la consommation et donc de la demande, augmentation du prix du pétrole : mardi dans l’hémicycle, les causes de la crise alimentaire mondiale ont été évoquées par plusieurs intervenants. Alors que les prix des denrées alimentaires ont augmenté de 45% en neuf mois, tous les orateurs ont appelé à une réponse urgente à la crise.
« Seule une solution mondiale pourra fonctionner », a souligné Joseph Daul, président du Parti Populaire Européen-Démocrates Européens, avant de pointer du doigt la spéculation financière, responsable de « jouer avec la vie des gens ».
Même analyse des socialistes européens, dont le président Martin Schulz a appelé à un contrôle plus étroit du système économique mondial : « Nous ne devons pas tolérer que le système financier contribue à la faim », a-t-il lancé en évoquant les fonds d’investissements, qui se sont emparés du secteur de l’alimentaire pour leurs placements.
Le leader de l’Alliance des Libéraux et Démocrates pour l'Europe, le britannique Graham Watson, a souligné les multiples causes de cette hausse des prix. « Plutôt que de prendre les biocarburants comme bouc-émissaires, nous devrions mettre fin au protectionnisme agricole et aux restrictions à l’exportation », a-t-il défendu.
Dans la même ligne, le Vert allemand Friedrich-Wilhem Graefe zu Baringdorf a critiqué le dumping des produits alimentaires européens qui, en arrivant sur les marchés des pays en voie de développement à des prix très bas, détruisent l’agriculture locale. Evoquant les biocarburants, il a souligné qu'« à l'échelle mondiale, il n'est pas possible d'avoir des réservoirs pleins et des assiettes pleines ».
Sa collègue de la GUE/NGL, Luisa Morgantini, a salué l’appel du rapporteur de l’ONU Jean Ziegler pour l’instauration d’un « moratoire de cinq ans sur les biocarburants ».
Enfin, le Commissaire européen au Développement, Louis Michel, a prévenu de la déstabilisation économique, politique et sociale qui pourrait découler de la crise alimentaire, et a souligné la nécessité de coordonner une action humanitaire et des mesures structurelles de long terme".
|