[ 24/04/2008 17:22 ] Agriculteurs et industriels s'affrontent
violemment aux distributeurs sur la réforme de leurs relations commerciales,
les premiers exigeant que des garanties figurent dans la future loi de
modernisation de l'économie, face aux exigences de la distribution. |
Agriculteurs et industriels ont exprimé leur détermination à faire pression sur le gouvernement pour obtenir un amendement au projet de loi de modernisation de l'économie qui doit être examiné lundi en conseil des ministres. Ils exigent que le texte précise l'obligation pour les distributeurs de justifier sur facture les différents services (catalogues publicitaires, "têtes de gondole" dans les magasins) qu'ils proposent et imposent souvent à leurs fournisseurs. "Ce n'est pas courant de présenter un front uni d'agriculteurs et d'industriels mais nous sommes confrontés à un phénomène grave et préoccupant, particulièrement pour les PME", a déclaré jeudi le président de l'Association nationale des industries alimentaires (Ania) Jean-René Buisson, lors d'une conférence de presse commune de plusieurs organisations agricoles et industrielles. Le président de la FNSEA, Jean-Michel Lemétayer, a précisé qu'un rendez-vous a été demandé à Nicolas Sarkozy, qui a tranché en faveur de l'actuel projet de loi alors que, selon une déclaration commune des organisations, "un texte de consensus avait été trouvé entre les agriculteurs, les coopératives, les industriels et les distributeurs". Jérôme Bédier, le président de la Fédération du commerce et de la distribution (FDC), considère pour sa part que le "texte du projet de loi est bien écrit". Il juge que le texte ne doit pas détailler "ligne par ligne" les "contreparties" proposées par les distributeurs en échange de la liberté qu'ils ont obtenu de négocier les tarifs avec leurs fournisseurs. "On ne sort pas d'un système pourri à moitié, on en sort complètement même si ce n'est pas la révolution complète", a déclaré M. Bédier lors d'une rencontre avec la presse. Il a critiqué "la stratégie des industriels qui est de bétonner pour bloquer" l'évolution actuelle d'une "économie admnistrée" vers une plus grande liberté de négociation entre distributeurs et industriels. Le président de la FCD a seulement concédé qu'il était prêt a différer la date d'application de la réforme à 2009 plutôt qu'immédiatement. "S'il faut reculer pour mieux sauter nous sommes prêts à négocier sur la date d'application", a-t-il dit. L'Ania, la FNSEA, Coop de France (coopératives agricoles), CGGPME (Confédération générale des petites et moyennes entreprises), la FEEF (Fédération des entreprises et entrepreneurs de France), la CGI (Confédération française du commerce interentreprises) et l'Institut de liaison et d'études des industries de consommation (Ilec), s'en remettent pour leur part à la "sagesse du Parlement si leur appel n'était pas entendu par le gouvernement". Ces organisations se sont dites prêtes à manifester devant l'Assemblée Nationale, dans la deuxième quinzaine de mai, avant l'examen du projet de loi par le Parlement si leur revendication n'aboutissait pas à un amendement, "de préférence d'origine gouvernementale". L'industrie alimentaire française, qui occupe la deuxième place mondiale derrière les Etats-Unis, réalise un chiffre d'affaires annuel d'environ 140 milliards d'euros et emploie environ 400.000 personnes.
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