Plus de 600 exposants, venus d'une vingtaine de pays, dont une soixantaine de sociétés françaises, participaient à cette 3e édition, un salon qui n' a rien à envier aux grands salons agricoles mondiaux avec une large surface d'exposition de près de 10 hectares, des halls d'exposition climatisés, des stands soignés, le tout dimensionné pour accueillir plus de 500 000 visiteurs !

Il faut savoir que le marché agricole pèse lourd dans la balance commerciale du Maroc. En effet, il représente 16% du PIB et emploie près de 50% de la population active marocaine et 80% de la population rurale. La surface agricole utile, estimée à environ 8 700 000 hectares.
Si les céréales figurent comme étant la principale culture agricole du Maroc et fait vivre une grande partie de la population rurale du pays il semblerait à en croire les professionnels croisés dans les allées du SIAM que la politique agricole marocaine aurait abandonné le choix de l'indépendance alimentaire pour celui de la sécurité alimentaire, la culture céréalière étant trop dépendante des aléas climatiques dans un pays de zone subtropicale dans lequel 78% de la superficie du territoire est soumise à l'aridité climatique. Il faut savoir que la couverture de la demande intérieure a atteint 100% pour les viandes, fruits et légumes alors qu'elle n'est que de 82% pour le lait, 45%pour le sucre et 60% pour les céréales, selon la Confédération Marocaine de l’Agriculture et du Développement Rural (COMADER)
Pour assurer sa "sécurité alimentaire ", le Maroc a besoin développer son agriculture à la fois sur les marchés nationaux et sur les marchés internationaux, ces derniers permettant de financer le développement des premiers.
C'est cette approche qui semble avoir été abordée lors de la présentation du "Plan Maroc Vert", nouvelle stratégie financée par le Fonds Hassan II pour le développement économique et social et présentée au Roi Mohammed VI, à la veille de l'ouverture du Salon international de l’agriculture du Maroc (SIAM) dans le cadre des premières Assises de l'Agriculture. Le "Plan Maroc Vert" table sur la création d’un million d’entreprises agricoles et s’attend à un PIB agricole supplémentaire de 70 à 100 milliards DH.
Il faut dire que l'enjeu est de taille, il faut pour le Maroc parvenir à la stabilisation de la population rurale tout en luttant contre la pauvreté ; près de 15 millions de ruraux, 1 million et demi d'exploitations. Toute cette stratégie doit pouvoir se mettre en place dans une optique de développement durable, notamment en termes de préservation des ressources en eau, dans un contexte de raréfaction, l'agriculture consommant 80% de l'eau au niveau national.
Pour réaliser son plan, le gouvernement marocain mise sur le développement d'une agriculture à forte valeur ajoutée et cible 400.000 exploitations avec un investissement potentiel de 11 à 15 milliards de dirhams/an pour la réalisation de 700 à 900 projets.
Hors le financement public le gouvernement veut faire également appel à l'investissement privé et naturellement veut s'adresser aux investisseurs étrangers avec un objectif de partenariat "gagnant-gagnant " de manière à ce que la valeur ajoutée ne soit pas globalement "exportée" avec les productions mais permette en partie à financer le volant social du "Plan Maroc Vert ". Dans cette perspective plus de 700.000 hectares disponibles doivent être mis à la disposition des investisseurs.
Alban Moyaux
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