Après les roses, plantées selon la tradition au pied des rangées de vignes pour annoncer les maladies, six ruches, soit près de 200.000 insectes au corps rayés, ont été installées au fond du jardin du château, le premier vignoble à accueillir des ruches dans le cadre de l'opération "Abeille, sentinelle de l'environnement". Engagé dans une politique de développement durable depuis 2002, les responsables du château ont été touchés par le sort des abeilles: 30% de mortalité dans le monde, un chiffre qui a marqué Bruno Pastre, son directeur général. Car les butineuses sont les premières à souffrir des problèmes environnementaux. "L'abeille est un filtre, elle réagit à la moindre pollution", assure Raymond Saunier, président des apiculteurs de Gironde. L'insecte vit aujourd'hui mieux en ville qu'à la campagne, en particulier à la suite de l'utilisation de pesticides comme le Gaucho et le Régent, désormais interdits en France. C'est ce qui a poussé l'Union nationale des apiculteurs français à créer la charte "Abeille, sentinelle de l'environnement" et à installer ses premières ruches au milieu des immeubles. Une quinzaine de partenaires ont adhéré au programme, dont le Conseil régional d'Ile-de-France ou les villes de Lille, Nantes et Besançon. Les milliers d'insectes au coeur du Médoc délivreront donc, grâce à l'analyse de leurs miels, des informations utiles sur la biodiversité de leur environnement, et continueront leur rôle essentiel de pollinisation, responsable de l'existence de 35 à 40% de notre nourriture (fruits et légumes), précise Raymond Saunier. "Ce n'est pas une mouche qui nous a piqué ! Cela s'inscrit dans le cadre de notre politique de certification développement durable", s'exclame de son côté Bruno Pastre. "C'est de la solidarité qu'on essaie de partager. C'est quand même notre rôle de donner un coup de main à la nature", ajoute-t-il. Afin de rendre le séjour des nouveaux pensionnaires plus confortable, le château a décidé de leur fournir un environnement encore plus vert: une jachère de cinq hectares a été plantée en 2008, plus d'un kilomètre de haies servira de nidification "à des bestioles sympas qui mangeront les parasites" et une garenne a été réorganisée avec un petit verger. Sans compter l'herbe et les fleurs qui poussent librement entre les pieds de vigne. "Nous revenons à des méthodes ancestrales pour avoir la qualité essentielle du produit, qui est l'origine de la vigne", s'enthousiasme M. Pastre. Le château, l'un des premiers vignobles français dans ce cas, a accumulé les normes de certification qualité et environnement et s'apprête à en recevoir une toute nouvelle, qui prime les activités de développement durable, la 1000NR. Le 27 juin, jour de la remise de la certification, les invités recevront les premiers pots de miel issus de la récolte des abeilles du jardin.
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