[ 14/05/2008 8:52 ] Le rejet de la loi OGM, pour cause de désertion des députés UMP, représente pour Nicolas Sarkozy et le gouvernement une "baffe retentissante", qui doit autant à la "négligeance" qu'à "l'exaspération" de la majorité, estiment mercredi les éditorialistes de la presse française.
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"Nicolas Sarkozy voulait réévaluer le rôle du Parlement. Sa majorité vient d'exaucer ses voeux bien au-delà de ce qu'il souhaitait", ironise Laurent Joffrin dans Libération, avant d'asséner: "C'est un revers symbolique majeur que vient d'essuyer le gouvernement dans l'affaire des OGM". Francis Brochet, dans Le Progrès, manie lui aussi le second degré en se demandant: "Où va-t-on, si les députés de la majorité votent comme bon leur semble, en leur âme et conscience, sans suivre les consignes du Palais? Pourquoi pas une démocratie parlementaire, pendant qu'on y est!" Les éditorialistes rivalisent d'imagination pour qualifier le rejet de la loi: "monumental +raté+", pour Jacques Camus dans la République du Centre, "baffe retentissante", pour Philippe Waucampt dans Le Républicain lorrain, ou encore "malédiction", pour Michel Lépinay, dans Paris-Normandie. Mais Denis Daumin note, dans La Nouvelle République, que "tout n'est pas fortuit dans cette affaire cependant et l'absence volontaire de députés UMP, élus de circonscriptions rurales pour la plupart, sonne comme un avertissement cinglant à l'éxécutif." Patrice Chabanet, dans Le Journal de la Haute-Marne, voit dans cet absentéisme des députés la traduction d'une "certaine exaspération face à ce qu'ils ressentent comme des oukazes de l'Elysée." L'autre raison, pour Jacques Guyon (La Charente Libre), c'est que "la question des OGM reste toujours comme une épine plantée dans le pied de la majorité". Et Hervé Favre (La Voix du Nord) d'ajouter: "Entre ceux qui (...) trouvent (le texte de loi) trop vert à leur goût et ceux qui le trouvent au contraire trop favorable aux lobbys agricoles, les risques de défections étaient bien réels." Il n'en reste pas moins que le spectacle offert par les parlementaires n'est pas glorieux, estiment plusieurs éditorialistes. Car "si une majorité réelle de l'Assemblée était contre la loi sur les OGM, et qu'elle la rejette, il n'y aurait rien à dire, nous serions dans le fonctionnement normal de nos institutions", commente Jean Levallois dans La Presse de la Manche. "Mais que, sur 577 députés, il ne s'en trouve que 271 dans l'hémicyle, pour un vote solennel sur une loi majeure, ce n'est pas acceptable." "Mais où est la majorité?", interpelle Hervé Chabaud dans L'Union. "Existe-t-elle encore ou préfère-t-elle être au club Med plutôt que de soutenir le gouvernement?"
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