Quand les compagnies aériennes, à travers une campagne de publicité déclarent « Savez vous que le transport aérien émet moins de gaz carbonique que le cheptel de vaches de la planète ? » et quand dans le même temps Eurostar enfonce le clou sur le même thème, les éleveurs s'émeuvent et les professionnels de la nutrition montent au créneau pour défendre un cheptel qui lui n'a pas droit à la parole.
Comparer la contribution à l'effet de serre à partir de la production de gaz carbonique est poujr le moins réducteur car d'autres facteurs interviennent et il serait plus honnête de les comparer tous.....
Oui, reconnaissent les professionnels, les bovins contribuent à l'effet de serre car comme tous les êtres vivants, 1 - ils respirent et donc produisent du gaz carbonique (CO2). 2- à travers leurs fermentations digestives (fermentations sans lesquelles il n'y aurait ni lait ni viande!), ils produisent du méthane, 3 - ils émettent des gaz à partir des effluents (fumier).
Si l'on s'arrête à la France, on pourrait dire que la contribution de l'élevage bovin à l'effet de serre a diminué depuis vingt ans, période pendant laquelle les effectifs ont baissé de 20% et selon diverses études et plus particulièrement celle de de l'Inra les ruminants ne seraient, au niveau mondial, responsables que de 2 à 3% de la totalité de l'effet de serre !
En France, pays d'élevage par excellence, ( 3,5% de la production mondiale de lait, 15% du lait européen, 40% des vaches allaitantes en Europe) le pourcentage est plus élevé, 7,6% (l2/3 par les fermentations digestives, 1/3 par les déjections).
Malgré cette contribution, relativement faible à l'effet de serre, Sanders spécialiste de la nutrition animale, veut réduire le phénomène. Dans sa ferme expérimentale de Sourches, dans la Sarthe, la filiale du groupe Glon a mis au point des formules d'aliments avec des matières grasses capables de réguler les micro-organismes responsables de la production de méthane dans le rumen. « Ces matières grasses spécifiques, de type insaturées, sont issues principalement du colza, du soja, du lin, du tournesol, explique Sanders.
Au Centre de recherches de Sourches, environ 600 000 litres de lait sont produits par an. En 2006/2007, pour chaque litre produit, les rejets digestifs de méthane ont été de 11g/litre de lait. Par comparaison, selon Sanders, les élevage laitiers du Grand Ouest de la France produisent en moyenne, 19g de méthane/litre de lait, et d'ajouter « s i tous ces élevages laitiers fonctionnaient comme celui de Sourches, les rejets digestifs de méthane seraient réduits de plus de 40 % par an, soit moins 82 000 tonnes ».
Il faut savoir que l'adoption d'un tel régime alimentaire qui permet à un élevage comme celui de Sourches de réduire les émissions de gaz à effet de serre de 25% a un côut que Sanders estime « de 25 à 40 centimes d'euro selon le niveau de production. » Il représente, selon Sanders, « 5 € par 1000 litres, soit environ 1,5 % du prix de vente du lait »..... mais, ajoute-ton chez Sanders « ce surcôut est compensé par une augmentation de la production de lait par vache, une amélioration de l'état corporel de l'animal et une baisse du taux butyreux( matière grasse du lait)
Si actuellement l'aliment complémentaire peut permettre d'améliorer l'impact environnement, demain la recherche devrait pouvoir mettre à disposition des troupeaux de nouvelles variétés d'herbe remplissant un rôle semblable.
AM
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