"MM. Lamy et M. Mandelson (le secrétaire général de l'OMC et le commissaire européen chargé au commerce) voudraient nous faire accepter un accord au terme duquel l'Europe s'engagerait à diminuer de 20% sa production agricole, à diminuer de 10% ses exportations agricoles", a-t-il déclaré sur France 3. "C'est 100.000 emplois supprimés, je ne le laisserai pas faire", a ajouté le président qui s'exprimait à la veille du début de la présidence française de l'Union européenne. "Dans un monde où il y a 800 millions de pauvres gens qui ne mangent pas à leur faim, où il y a un gosse toutes les trente secondes qui meurt de faim, on ne me fera pas accepter la réduction de la production agricole sur l'autel du libéralisme mondial", a poursuivi le chef de l'Etat. Par ailleurs, M. Sarkozy a mis en doute la nécessité d'un accord global à tout prix. "Jusqu'au mois d'août dernier le monde n'avait jamais connu une telle croissance. Qu'on ne vienne pas me raconter qu'un accord c'est la condition de la croissance puisque le monde a connu six ans de croissance forte de 3 à 5 % sans accord", a-t-il dit. Il a notamment souligné que "les pays émergents ne baissent aucune de leurs barrières tarifaires pour l'industrie et aucune de leurs barrières tarifaires dans les services". "Je crois à l'Europe, je suis profondément européen, je refuse le protectionnisme, mais j'en ai assez de la naïveté, et je veux la réciprocité", a ajouté M. Sarkozy, qui doit recevoir mardi à Paris le collège des commissaires européens conduit par son président, José Manuel Barroso.
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