L'impact de la hausse des carburants applique une double peine dans la filière fruits et légumes aux opérateurs de gros qui font de la livraison : - D'abord parce qu'elle affecte un des produits alimentaires dont le prix de vente moyen au kilo est parmi les plus faibles avec malgré tout une nécessité de livraison fréquente, souvent même quotidienne (périssabilité du produit). - Ensuite parce que dans de nombreux cas de figure, notamment les Marchés Publics, les prix sont construits sur des bases de cotation ne tenant pas compte de la variable livraison.
Rien que sur la première partie de l'année 2008, en se basant sur une évolution de 32 % de l'indice CNR pour le gazole professionnel, l'impact du carburant rapporté au kilo livré par les grossistes est de plus de 1 centime, sur des prix de vente moyenne en livraison de 1,25 à 1,35 EUR. Soit de 0,7 à 0,8 % du prix du produit livré, lorsqu’on sait par ailleurs que le résultat net moyen des entreprises (source CTIFL) a été de 1,1 % avant impôts en 2006 (contre 1,3 en 2004 et 2005). Le processus vital est engagé pour certaines entreprises ; mais il n’est pas impossible de l’enrayer
N’espérons pas trop de mesures compensatoires en provenance des Pouvoirs Publics ; d'autres corporations plus musclées que la notre ne nous ont pas montrées que le chemin était particulièrement efficace ; et puis, principe de réalité, il va falloir faire avec un carburant cher.
Dans ce contexte l'Union Nationale des Grossistes en Fruits et Légumes estime qu'il est urgent : - A court terme : de pouvoir, au cas par cas, entreprise par entreprise, client par client, réviser les contrats pour tenir compte de la nouvelle donne, soit par un calcul de revalorisation pour prendre en considération l'évolution du coût du carburant, soit par une optimisation logistique combinant réduction du nombre de livraisons et augmentation des poids moyens livrés. - A moyen terme : . De privilégier le développement des contrats basés sur « des tarifs d’entreprise en Fruits et Légumes de 1ère gamme » (voir notamment les récentes recommandations CCC-Interfel dans le cadre des Marchés Publics) et des révisions tarifaires périodiques des prix « dits fixes » (notamment en 4ème et 5ème gamme) dont les indexations trimestrielles, semestrielles ou annuelles garantiraient la prise en compte des hausses des coûts de transport mesurables au travers des indices CNR. . Dessiner les tournées de livraison dans un souci d'économies pour toutes les parties, contribuant par ailleurs à réduire les impacts environnementaux.
Sans la mise en œuvre de ces efforts individuels consentis dans un consensus collectif, des défaillances d’opérateurs pourraient se précipiter et les niveaux de services ou d’engagements de moyens ne pourraient être maintenus à leurs niveaux actuels. Ce qui n'est pas bon à moyen terme pour la pérennité des offres, la santé de la filière, et la diversité de la concurrence.
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