[ 25/09/2008 18:22 ] Les associations de défense de l'environnement, la Confédération paysanne et les apiculteurs se sont inquiétés jeudi du protocole de suivi du Cruiser, insecticide puissant potentiellement nuisible aux abeilles, à la veille d'une réunion au ministère de l'Agriculture.
|
La réunion de vendredi "ne doit pas aboutir à des conclusions", a-t-on appris jeudi auprès du ministère. Le rapport d'évaluation du Cruiser va être transmis à l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments (Afssa) et "c'est sur la base de l'avis de l'Afssa que l'on prendra une décision", a ajouté une porte-parole. Cette décision devrait intervenir "courant octobre", a-t-elle ajouté. Face au tollé suscité par l'autorisation en janvier pour un an du Cruiser, le ministère de l'Agriculture avait proposé un protocole destiné à surveiller scientifiquement l'impact du Cruiser. "Encore faut-il qu'il soit exploitable!", s'insurge la fédération France Nature Environnement (FNE, 3.000 associations) qui juge que les surfaces étudiées sont insuffisantes: "seulement quelques dizaines d'hectares, alors que les abeilles seront en réalité confrontées à des milliers d'hectares traités", note FNE dans un communiqué. Par ailleurs, "le protocole prévoit de comparer des sites traités au Cruiser à des sites témoins non traités. A ce jour, les cultures environnantes n'étant pas connues, les zones témoins peuvent en réalité comporter davantage de Cruiser que les zones traitées", s'inquiète la fédération. De son côté, l'Union de l'Apiculture française (UNAF) conteste aussi ce protocole de suivi et sa mise en place, dénonçant les "incohérences et le manque de sérieux scientifique", "les mensonges du ministre et des services du ministère" et les "risques et les dangers que fait courir le ministre de l'agriculture, directement sous influence du lobby de l'agro-chimie, en autorisant ce type de pesticide". La Confédération paysanne, deuxième syndicat agricole français, a dénoncé pour sa part les "mensonges et manipulations" du protocole de suivi dont "les conclusions ne sont pas crédibles".
|