Paul Vieille, indemnisé en 2000 à hauteur de 97.000 euros par l'Etat pour l'abattage de sa cinquantaine de vaches, accuse cette société d'avoir fourni des aliments pour bovins à l'origine de l'ESB (encéphalopathie spongiforme bovine) contractée par une de ses vaches nommée "Jugeotte". Née dans sa ferme, "Jugeotte" avait ensuite vécu deux ans chez son beau-frère où elle avait été nourrie avec des aliments d'origine industrielle, entre 1994 et 1996, avant de revenir dans son exploitation. C'est chez le beau-frère, Jean-Marc Bureau, que la vache aurait contracté la maladie, selon l'expert judiciaire spécialiste du prion, le Dr Jean-Louis Thillier. Lors de l'audience, M. Vieille a réclamé par le biais de son avocat quelque 83.000 euros de dommages et intérêts, pour avoir fourni un "produit défectueux", à la coopérative Terrena qui a acquis après les faits la société responsable de la fabrication des aliments en cause. "Il veut comprendre pourquoi une de ses vaches a été atteinte de l'ESB", a expliqué lors de l'audience Me Alexandre Faro. Ce dernier a relevé que, selon les expertises, "il n'y a qu'une origine possible (à l'ESB), c'est par les intrants alimentaires". Pour l'avocat de Terrena, Me Dov Haccoun, l'entreprise fournissait des aliments "conformes à la réglementation de l'époque". Le conseil a fait valoir que l'éleveur aurait dû attaquer l'Etat, et non Terrena "pris pour bouc émissaire". Le tribunal doit rendre son jugement le 12 février.
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