"C'est une triste nouvelle", a déclaré Henri Clément, président de l'Union nationale de l'apiculture française (Unaf). "C'est dramatique, cela va à l'encontre du principe de précaution, les abeilles seront des cobayes", a-t-il déclaré à l'AFP. "Les apiculteurs envisagent de réagir au niveau juridique", a-t-il ajouté, faisant allusion à un éventuel recours devant le Conseil d'Etat. Cette autorisation est "scandaleuse, totalement malheureuse et contraire au principe de précaution", a renchéri Arnaud Gossement, porte-parole de France nature environnement (FNE - 3.000 associations). Le Cruiser est un insecticide "qui présente des risques inacceptables", a-t-il indiqué à l'AFP. Et le fait que l'autorisation ait été donnée pour six mois seulement, jusqu'en mai 2009, et non pour un an, ne change rien puisque "cela va couvrir la récolte prochaine", a-t-il fait remarquer. "Nous envisageons de saisir la justice", a-t-il également indiqué. Le ministère de l'Agriculture a annoncé mercredi le renouvellement jusqu'en mai 2009 de l'autorisation du Cruiser (produit par Syngenta) en soulignant que cette autorisation "a été accordée à des conditions restrictives et sous réserve d'un renforcement du suivi de son utilisation, après un avis favorable de l'Agence française de sécurité sanitaire des aliments en date du 14 novembre 2008". Le Cruiser, insecticide utilisé principalement pour la culture du maïs et jugé nuisible pour la biodiversité et les abeilles par ses détracteurs, avait reçu en janvier une autorisation de mise sur le marché de la part du ministère de l'Agriculture pour une durée d'un an. Début décembre, des apiculteurs et des associations de défense de l'environnement avaient manifesté dans plusieurs villes lors d'une journée d'action nationale pour demander l'interdiction de ce pesticide.
|
© 2008 AFP. Tous droits de reproduction et de représentation réservés. Toutes les informations reproduites dans cette rubrique (dépêches, photos, logos) sont protégées par des droits de propriété intellectuelle détenus par l'AFP. Par conséquent, aucune de ces informations ne peut être reproduite, modifiée, rediffusée, traduite, exploitée commercialement ou réutilisée de quelque manière que ce soit sans l'accord préalable écrit de l'AFP.
|