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Actualité Société
Le commerce équitable, un secteur livré à lui-même

   [ 06/05/2009 17:10 ] Une commission créée en 2006 devait organiser le commerce équitable en France, mais ses membres ne se sont jamais réunis et les produits estampillés "équitables" se multiplient dans les magasins, au risque de désorienter le consommateur.


      "Il faut mettre de l'ordre, car il y a une multiplication de labels qui
relèvent plus du développement durable que du commerce équitable. Le démarrage
de la Commission nationale du commerce équitable (CNCE) permettra de faire le
tri", a estimé Jean-Pierre Blanc, directeur général de la société de café
équitable Malongo.
   Max Havelaar labellise près de 90% des produits issus du commerce équitable
en France, dont le café Malongo, en fonction de son propre cahier des charges
basé sur un prix minimum garanti au producteur. Pour obtenir ce label, les
coopératives agricoles paient entre 2.000 et 10.000 dollars.
   Les nombreux autres organismes comme BioEquitable, Step ou Artisans du
Monde fonctionnent avec des approches qui leur sont propres et soutiennent
que, grâce à eux, les paysans et artisans du sud gagnent mieux leur vie.
   Aucun des produits présentés comme équitables n'est garanti par un
organisme public ou indépendant. En outre, si les matières premières
proviennent des pays du sud et sont donc équitables, elles sont transformées
en chocolat, tee-shirts et confitures au Maghreb ou en Europe.
   "En cosmétique, certaines marques se revendiquent comme équitables sans se
référer à aucune labellisation. Il y a un risque que cela se reproduise sur
d'autres produits", prévient Frédérique Pfrunder, chargée de mission à
l'association de défense des consommateurs CLCV.
   Face au succès grandissant du commerce équitable, qui pèse désormais plus
de 250 millions d'euros, contre à peine une dizaine de millions en 2000, le
gouvernement avait décidé en 2005 de réglementer le secteur.
   Une loi, votée en 2005, a donné une définition précise du commerce
équitable qui, selon elle, "organise des échanges de biens et de services
entre des pays développés et des producteurs désavantagés situés dans des pays
en développement".
   La CNCE a été mise en place en 2006, dans la foulée d'une étude de la
DGCCRF montrant des anomalies "trop fréquentes" dans le secteur.
   Elle était censée veiller à la transparence du fonctionnement des acteurs
du commerce équitable, à l'accompagnement des producteurs, aux contrôles des
importateurs, aux principes du développement durable et des droits
fondamentaux (interdiction du travail des enfants et du travail forcé, non
discrimination, santé et sécurité du travail, contrôle des heures de travail,
liberté syndicale).
   Constituée de personnalités issues des pouvoirs publics, d'associations de
consommateurs, d'acteurs du commerce équitable et d'ONG, elle ne s'est jamais
réunie. Plusieurs rencontres étaient prévues, dont la plus récente en février,
mais elles ont toutes été reportées au dernier moment.
   Hervé Novelli, secrétaire d'Etat chargé du Commerce, a indiqué mercredi que
la CNCE commencera à travailler une fois que les critères de reconnaissance
des organismes labellisant seront établis. Un groupe de travail se réunira
"très rapidement" pour établir ces critères, a-t-il ajouté.
   Dans son étude de 2006, la DGCCRF avait identifié des anomalies liées
notamment à la qualité et à la sécurité de ces produits. Elle s'était
également interrogée sur l'établissement d'un seuil minimal acceptable, après
avoir noté que certains produits comprenaient moins de 25% d'ingrédients
équitables.

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