La France veut proposer une nouvelle PAC basée sur une "bonne alimentation"
[ 10/11/2009 23:03 ] La France organisera d'ici la fin 2009 une réunion des 21 pays favorables à une régulation européenne du marché du lait pour définir une nouvelle politique agricole européenne basée sur "une bonne alimentation", a annoncé mardi le ministre de l'agriculture, Bruno Le Maire.
Le ministre, dont le portefeuille s'est désormais élargi à l'alimentation, a fait cette annonce lors d'un discours devant le congrès des coopératives agricoles qui se tenait à Paris. "Je prendrai l'initiative avant la fin de l'année d'une réunion des 21 membres pays avec lesquels nous avons proposé et obtenu une régulation du marché du lait de façon à réfléchir (...) et à engager une initiative" sur une redéfinition de la politique agricole commune (PAC) d'ici 2013, a-t-il déclaré devant les congressistes. "Le combat doit commencer aujourd'hui" pour défendre une PAC "ambitieuse", "volontariste", a déclaré M. Le Maire. Cette nouvelle PAC, que le ministre a baptisée "politique alimentaire et européenne" doit donner à l'Europe "son indépendance alimentaire", lui permettre de défendre un secteur "stratégique" et lui garantir "la sécurité alimentaire la meilleure au monde". Pour lui, la "légitimité" de cette nouvelle politique, "ce ne sont pas les agriculteurs" mais "l'alimentation des 500 millions de citoyens européens". "C'est un renversement majeur", mais à ses yeux "nous devons tous plaider pour cette révolution intellectuelle", a-t-il ajouté, avant de poursuivre: "la PAC n'est pas au service des agriculteurs, la PAC est au service des 500 millions de citoyens européens". "C'est parce que nous défendrons l'idée d'une bonne alimentation pour 500 millions de citoyens européens que nous pourrons réclamer davantage pour les agriculteurs français qui feront cette alimentation", a-t-il martelé. "Nous ne devons pas en rester à des discours datés, nous en tenir à des mesures qui ont fait leur temps et qui irritent nos partenaires", a-t-il encore souhaité. Alors que les négociations sur le futur budget de la PAC vont commencer dans les prochaines semaines, la Commission européenne prône dans un projet de proposition une diminution "significative" des fonds alloués à la PAC au profit d'autres secteurs. La France a été jusqu'à maintenant le principal bénéficiaire de la PAC. Le ministre s'est déclaré opposé "à une réduction du budget de la PAC telle qu'elle est envisagée dans certains documents de la Commission". "Il n'y aura pas de PAC sans un objectif stratégique d'alimentation, il n'y aura pas de PAC sans un budget garanti tel qu'il est aujourd'hui et il n'y aura pas de PAC sans une régulation des marchés agricoles", a-t-il résumé.