[ 21/12/2009 20:31 ] Le ministre de l'Agriculture Bruno Le Maire a reçu lundi les syndicats agricoles représentatifs au terme d'une année marquée par une chute du revenu agricole de 34%, et "au delà des chiffres", a-t-il dit, par "la détresse du monde agricole" et "le désarroi de beaucoup d'agriculteurs.
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Successivement, il a reçu la Coordination rurale, la Confédération paysanne et, le principal syndicat, la FNSEA, accompagnée des Jeunes agriculteurs (JA). Le ministre n'a pas fait d'annonce particulière, mais, a-t-il précisé lors d'un point presse à l'issue de ces rencontres, a montré sa "détermination à ouvrir de nouvelles perspectives" pour assurer "des prix" et "un revenu" décent aux agriculteurs. Parlant de "mobilisation générale", il a rappelé la mise en place d'un plan d'urgence de 650 millions d'euros d'aide, dont une partie permet de bonifier jusqu'à un milliard d'euros de prêts, et le lancement de "l'appel de Paris" regroupant 22 pays de l'UE autour d'un nouveau projet de Politique agricole commune. Par ailleurs, la future loi de modernisation de l'agriculture (LMA) sera présentée en janvier au Conseil des ministres. Elle est actuellement au Conseil d'Etat. 2009, "année à marquer d'une pierre noire", selon la Coordination rurale, "jamais connu cette situation en 35 ans de syndicalisme", a renchérit Jean-Michel Lemétayer, président de la FNSEA: les organisations syndicales sont toutes revenues sur les résultats catastrophiques dans toutes les filières. Pour l'avenir, François Lucas, président de la Coordination rurale, doute de l'utilité de la LMA. "On nous conçoit une Ferrari, mais on n'aura pas d'essence à mettre dans le réservoir", explique-t-il, faute de prix de vente plus élevés. Pour lui, "une partie du secteur agricole peut disparaître", et avec lui, des entreprises "en amont et en aval". "On ne demande pas de contrats, on veut des prix", a déclaré Philippe Collin de la Confédération paysanne, critiquant à son tour la LMA. Le projet de loi prévoit de rendre obligatoires les contrats entre les producteurs de lait et les industriels. "Si le prix est bas, il le reste", a-t-il insisté. Enfin, Jean-Michel Lemétayer a demandé au ministre d'arrêter "d'en demander toujours plus en matière agro-environnementale". "Nous sommes pour le développement durable", a-t-il précisé, "mais nous allons être confrontés à des distorsions à l'intérieur même du marché européen" face aux autres membres de l'UE "moins exigeants". "Ce n'est pas tenable", a-t-il souligné.
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