"C'était très impressionnant" de se retrouver sur le plateau, face au chef de l'Etat et devant les 8,6 millions de téléspectateurs qui ont regardé l'émission "Paroles de Français" présentée par Jean-Pierre Pernaut, avouait mardi matin l'agricultrice contactée au téléphone.
"Il nous a écoutés. Maintenant, chacun son travail", a souligné la jeune femme de 39 ans : "Il est assez entouré et conseillé pour savoir ce qu'il faut faire. Ou il en prend acte, ou il n'en prend pas acte. Il fait ce qu'il peut, il fait ce qu'il veut. Je ne suis pas à sa place. Moi je sais ce que je vis".
"J'ai dit ce que je pouvais dire dans le temps qui m'était accordé", a-t-elle noté, regrettant que l'émission n'ait pas duré une demi-heure de plus pour que les 11 invités aient pu s'exprimer plus longuement. Pour elle, les autres participants "ont aussi été satisfaits de parler".
"Pour ma part, je n'ai pas pu tout dire, mais je pense que j'ai dit le principal", s'est-elle réjouie : "Ce que j'ai pu dire de la profession, je pense que ça n'a pas été souvent dit à la télé".
Son mari, Jérôme, a regardé l'émission chez lui, avec un de ses deux fils. Cet éleveur de 140 vaches, dont 70 laitières, a trouvé lui aussi que le temps avait manqué pour aborder tous les sujets. Quant à Nicolas Sarkozy, il a fait "une réponse de président...", estime-t-il.
Porte-parole de l'Association des producteurs de lait indépendants (Apli) en Tarn-et-Garonne, Sophie Poux est une battante qui n'a pas hésité, au plus fort de la crise sur le prix du lait, à en distribuer sur la place du Capitole à Toulouse ou en épandre publiquement dans ses champs.
Invitée à participer à l'émission, elle a "hésité : on y va, on n'y va pas... Mais après tout, s'est-elle dit, je suis invitée, et si je n'y vais pas, quelqu'un d'autre ira à ma place". "On ne pouvait pas dire non. C'est tout de même le président. On a pu le rencontrer, lui dire vraiment ce qu'on voulait. Peut-être pas tout, mais voilà..."
Arrivée le jour-même de l'émission, elle a reçu "un accueil parfait de la chaîne" TF1. "Dans l'après-midi, on nous a expliqué le déroulement, l'organisation d'un studio".
Et "ils nous ont dit : +Carte blanche, vous pouvez aborder le sujet que vous voulez" en respectant "un protocole de politesse". "Ca me tient à coeur, parce que je ne veux pas qu'on pense que c'était truqué. On n'a pas eu de questions formatées, préparées. On n'a pas donné de papier à l'avance".
D'ailleurs, avoue-t-elle, "j'avais préparé des questions sur une feuille, mais avec le stress, je ne les ai pas lues. Il faut y aller avec ses tripes. Moi j'ai le langage facile. Et je me dis que c'est un être humain, même si c'est le plus haut à la tête de l'Etat".
Les 11 participants ont rencontré Nicolas Sarkozy 5 minutes avant d'entrer sur le plateau, pour se présenter, puis il leur a dit quelques mots après l'émission. "C'est un monsieur charmant, (...) c'est un être humain, ce n'est pas un extra-terrestre", a remarqué Sophie Poux en relativisant cette entrevue.
"Il a entendu, il a écouté, et après, chacun son métier. Moi je vais rentrer traire mes vaches, et s'il veut qu'on continue à traire les vaches et avoir de bons produits en France, c'est à lui de faire ce qu'il faut", a-t-elle conclu en l'invitant à venir voir son exploitation.