"Les 2/3 des éleveurs sont endettés à plus de 80 %, dont 1/3 à plus de 100 % entraînant des familles entières dans la détresse et à la ruine. " souligne l'ONEP dans un communiqué. Selon l'ONEP "la crise mondiale incriminée par certains a bon dos ! Alors que les stocks sont quasi nuls, les abatteurs continuent à faire pression sur les prix, tout en préservant leurs marges."
Pour l'ONEP les aides et les prêts de sauvetage annoncés "en grande pompe" ne vont pas améliorer les revenus. Ce ne sont que des pansements collés sur des plaies non cicatrisées des crises précédentes. Sur ces 10 dernières années, seules 3 ont été correctes.
"Quand va-t-on s'attaquer aux causes réelles et profondes du mal ? " interrogent les producteurs qui précisent que les prix agricoles ne représentent que 4 % des 17 % que les ménages consacrent à l'alimentation dans leur budget. Il faut donc en premier lieu relever significativement les prix à la production. L'inflation sera infime." .
Pour l'ONEP, le renforcement de l'Observatoire des prix et des marges inscrit dans la LMA doit servir à refondre une nouvelle Politique Agricole et s'élargir aux autres pays européens. Cela nécessite une Organisation Commune de Marché gérée par les producteurs dans une interprofession pluraliste, en adaptant régulièrement l'offre à la demande et en favorisant la répartition équitable des marges dans la filière, sous le contrôle des pouvoirs publics.
"L'harmonisation des charges sociales (la main d'œuvre dans les abattoirs français coûte 40 % de plus qu'en Allemagne) doit être une priorité européenne pour venir à bout des distorsions de concurrence insupportables. Il faut instaurer une TVA sociale."
Enfin, l'ONEP demande le retrait de la nouvelle contrainte sur la transportabilité (l'éleveur qui expédie des porcs avec des anomalies, du type abcès, boiteries, etc.. paie une pénalité à l'abattoir, voire le transporteur refuse de les prendre). Cette mesure franco-française pourrait coûter 1500 €/an à un élevage moyen. Les Services Vétérinaires des abattoirs sont déjà compétents pour garantir la qualité sanitaire de la viande pour la consommation humaine.