Le but étant, comme l'expliquent les producteurs de sancerre, muscadet et
autres menetou-salon rencontrés au 24e Salon des vins de Loire à Angers, de
compenser le manque à gagner généré par la crise et la perte de marchés après
plusieurs mauvaises récoltes.
Après de longues réticences, la capsule à vis, remplaçant le liège
traditionnel et son avatar synthétique, fait une importante percée.
Sertie sur le goulot et pourvue d'un joint, cette capsule en aluminium est
gage de "meilleure qualité et de sécurité alimentaire", assure Philippe
Chavet, producteur de menetou-salon.
"Le vin reste plus jeune, plus frais", renchérit Patricia Luneau,
viticultrice dans le Cher. Envolés les problèmes de "vin bouchonné" ou de
tire-bouchon, soulignent les vignerons convertis.
"En 2003, 300 millions de bouteilles 75 cl étaient équipées dans le monde.
En 2009, on est passé à 3 milliards, sur les 17 à 18 milliards de bouteilles
en circulation", note Karine Herrewin, responsable marketing du français
Stelvin, le numéro un mondial de la capsule à vis.
Même le George V à Paris n'hésite plus à proposer des vins à capuchon
vissé, assure-t-elle.
Les viticulteurs du "Nouveau Monde" furent précurseurs: la Nouvelle-Zélande
encapsule sous vis 95% de sa production, l'Australie 80%, selon Stelvin.
"Ce qui importe à ces gens-là, c'est ce qu'il y a dans la bouteille. Ils ne
s'intéressent pas au folklore autour", explique le journaliste anglais David
Cobbold, spécialiste viticole.
"Pour l'export, la capsule alu, c'est porteur", note Stéphane Sérol,
producteur de côte roannaise qui a "vissé" 5.000 de ses 150.000 bouteilles en
2009 pour des clients belges et britanniques.
Autre innovation: la bouteille en polyéthylène téréphtalate (PET). Là, la
démarche "est avant tout environnementale", explique Frédéric Jacquet, chef de
cave du Domaine Joseph Mellot à Sancerre (Cher).
"On a senti que les marchés canadien et nordique voulaient s'affranchir du
verre": le flacon de 75 cl pèse 600 g en verre contre 50 g en PET, un camion
contient 17.000 en verre, 30.000 en PET, "en terme de bilan carbone, on y
gagne!", souligne l'oenologue.
"Et c'est vraiment incassable!", dit-il en lâchant sans dommage une
bouteille pleine sur le sol du hall d'exposition.
"On n'en est qu'aux prémices", tempère Marc Varin, directeur commercial du
fabricant d'emballages CVP qui a produit l'an dernier plus de 2 millions de
bouteilles en PET et projette d'en produire au moins 8 millions en 2010.
Autre nouveauté, plus expérimentale, les "tags", ces codes barres 2D
lisibles par iphone, blackberry et autres smartphones.
Francky Trichet, chercheur informaticien à l'université de Nantes, a
persuadé trois viticulteurs d'en apposer sur leurs bouteilles, pour relier
l'acheteur à un site web mobile où le vigneron explique, photos et vidéos à
l'appui, ce qu'il y a dans la bouteille, comment le vin est produit, etc.
L'application (
www.tagdevin.com) est disponible en huit langues.
"Les importateurs anglais, japonais, russes se montrent intéressés, c'est
une bonne manière de rapprocher le vigneron du consommateur", se félicite
Vincent Caillé, producteur de muscadet qui s'est lancé dans l'aventure.
"Mais il manque la géolocalisation des points de vente, note Denis
Lengaigne, un caviste du Pas-de-Calais. C'est bien de savoir ce qu'il y a dans
la bouteille, c'est encore mieux de savoir où se la procurer!"