Deux manifestations, et surtout la tempête, ont affecté la fréquentation au début de l'évenement, qui a logiquement monopolisé l'attention des médias. C'est "un peu triste", renchérit Patricia Arouette, au stand des Chambres d'agricultures. "Est-ce que c'est dû au tremblement de terre (au Chili) et surtout à la tempête en Vendée et en Charente-Maritime ? Ca a vraiment touché les gens". Guy Olivier, éleveur de moutons à la retraite et 34 salons au compteur, évoque une "morosité totale dans le monde des éleveurs". Lauréat ou pas, "le prix du lait restera le même quand on rentrera à la ferme", souligne Christian Menet, éleveur de laitières et formateur au Lycée Lycée agricole de la Thierache. "Ca devient dur, on a une perte d'un tiers du prix (du lait) par rapport à il y a dix-huit mois", rappelle-t-il. Pendant le salon, "on oublie un peu, mais on y pense toujours". "Des fêtes comme ça nous permettent un peu d'oublier le reste. On se retrouve entre éleveurs", note Renée Lefeuvre, qui élève des normandes dans les Côtes d'Armor. Sa vache a été primée meilleure mamelle et meilleure laitière. "C'est un honneur, mais ça valorise aussi notre exploitation". L'avenir du salon lui-même suscite des interrogations. Dans les allées, le bruit court qu'il pourrait quitter la Porte de Versailles pour déménager à Villepinte. "C'est complètement saugrenu", dément Juana Moreno, directrice générale. Mais elle confirme que des travaux auront lieu dans l'incontournable Hall 1, qui accueille les animaux et draine une grande partie du public. "Nous n'avons pas les dates du premier coup de pioche". Mais pas question de réduire la voilure ni de dispatcher les animaux dans différentes parties du salon, ne serait-ce que pour des raisons de logistique. Pour l'heure, certains exposants trouvent que le salon n'est plus le lieu de convivialité qu'il était. Ils déplorent les nouvelles règles qui les empêchent de se retrouver le soir sur les stands. Depuis le changement de direction du salon, géré par Comexposium (issu de la fusion en novembre 2009 entre Comexpo et Exposium), on leur demande de partir plus tôt. "Les petits moments conviviaux qui se terminaient sur le stand un peu tard en cassant la croûte, peut-être en arrosant un petit peu, mais sans plus, c'est fini", déplore Guy Olivier. "Aujourd'hui c'est tout le monde dehors en même temps", renchérit Céline Andri, qui dirige l'OS moutons charollais. "On fait tout pour qu'il n'y ait pas d'âme dans ce salon", estime Pierre Oteiza, gérant d'un restaurant basque, 33 ans de présence. Il ferme à 19H00, là où les habitués se souviennent de tablées qui pouvaient durer jusqu'au petit matin. "C'est dommage, c'est un lieu où tous les éleveurs de France se retrouvent" après avoir passé la journée au concours et vivent "moments vraiment forts", dit-il. Le salon, "c'est "le travail de toute une année, de toute une vie". Juana Moreno confirme que désormais la vente d'alcool est interdite à partir de 19H00, heure de fermeture du salon. "Il existe d'autres lieux dans Paris pour faire la fête". Les 3.500 animaux "ont le droit d'être un peu au calme", estime-t-elle.
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